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Plan de relance de l'UE : les petites entreprises, grandes oubliées ?

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Plan de relance de l'UE : les petites entreprises, grandes oubliées ?
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Des patrons de petites entreprises craignent d'être exclus d'une bataille aux aides qui s'annonce féroce, dans le cadre de l'immense fonds de relance européen de 750 milliards d'euros décidé en juillet dernier.

"Achetez un T-shirt et gagnez une nuit à Rome". C'est l'idée d' Antonello Alivernini, un hôte Airbnb. Ce propriétaire italien a appelé tous ses anciens locataires au cours des dernières semaines en leur proposant un lit gratuit contre l'achat d'un vêtement.

Une tentative désespérée parmi d'autres d'attirer les touristes en pleine crise du Covid-19. N'ayant bénéficié d'aucune aide de l'Etat italien depuis le confinement en Italie - premier pays d'Europe à le décréter - il attend beaucoup du fonds de relance européen.

"L''important est que l’Union européenne reconnaisse chaque citoyen comme un travailleur et chaque travailleur comme un citoyen. Nous devons d'abord comprendre comment les gens travaillent et vivent. L'Union européenne et les États membres pourront ensuite comprendre comment aider ces personnes".

Inquiétude pour les micro-entreprises

L'Italie compte plus de 5 millions de petites et moyennes entreprises (PME) et le tourisme représente 13 % du PIB. Depuis les prémices de la crise sanitaire en février dernier, des milliers d'emplois ont déjà été perdus.

L'Union européenne a alloué à l'Italie 209 milliards d'euros, dont 82 milliards seront distribués en subventions et 127 milliards en prêts. Cet argent provient du fonds de relance européen de 750 milliards d'euros, qui sera emprunté à l'Union européenne.

Mais certains craignent que dans cette bataille pour toucher ces aides, les petits soient les grands oubliés.

"Nous demandons à l'UE qu'elle propose des initiatives et des mesures concrètes et qu'elle porte une attention particulière aux PME, en particulier aux micro-entreprises, qui représentent une grande partie de l'activité", explique sur Euronews Elisa Vitella, de la confédération italienne des artisans et des PME.

"Nous demandons des mesures ciblées articulées selon la taille de chacun, pour ne pas exclure les micro-entreprises, les plus petites", conclut-elle.

"L'Europe sera très stricte"

L'Italie va devoir présenter des propositions de projets, détaillant comment sera dépensé l'argent européen. La priorité sera donnée au numérique, aux infrastructures et à l'économie verte. De quoi encourager les petites entreprises, à privilégier les énergies propres et le commerce en ligne.

"L'argent doit être bien dépensé car l'Europe sera très stricte, sur la qualité des projets et leur faisabilité", rappelle l'eurodéputée italienne Patrizia Toia, membre de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen.

"L'exécution sera aussi importante que la qualité des projets, il faudra détailler les agendas, les moyens et prouver que le pays a des idées claires, et la capacité d'absorber les dépenses. Nous ne devrons surtout pas être en retard", déclare Patrizia Toia.

La bataille pour les aides s'annonce rude. En attendant, des milliers d'entrepreneurs comme Antonello poursuivent une autre lutte, pour la survie de leur activité.