Le candidat de gauche a affirmé que le président serait intervenu dans le retrait de la candidate de Reconquête, Sarah Knafo. Une accusation vivement démentie par l’Élysée et critiquée par l’eurodéputée.
La campagne municipale à Paris s'annonce tendue à quelques jours du second tour, à la suite des accusations du candidat Socialiste, Emmanuel Grégoire visant directement le président Emmanuel Macron.
Emmanuel Grégoire, à la tête d’une coalition de gauche hors La France insoumise, a affirmé sur Franceinfo que le chef de l’État serait "personnellement intervenu (…) pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo" au profit de la candidate de droite Rachida Dati.
Il évoque une "faute morale immense", sans citer de source précise, mais assure que ces informations lui auraient été rapportées.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de recomposition des alliances. Après la fusion des listes de Rachida Dati (Les Républicains) et de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sarah Knafo, candidate du parti d’extrême droite Reconquête !, a annoncé son retrait au second tour afin de faire barrage à la gauche.
L’Élysée dément et dénonce ces accusations
En déplacement à Bruxelles pour un sommet européen, Emmanuel Macron a fermement rejeté ces accusations. Selon lui, ces propos "n’ont aucun sens, et déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça à l’emporte-pièce, ce n’est pas sérieux."
Le président a également tenu à préciser : "Je ne connais pas Mme Knafo à titre personnel et je n’interviens pas du tout dans ces municipales (…) J’ai largement autre chose à faire". Il a insisté sur la nécessité d’un débat "respectueux" et a qualifié ces accusations de "strictement fausses".
Sarah Knafo accuse Emmanuel Grégoire de "complotisme"
De son côté, Sarah Knafo a vivement réagi sur le réseau social X, accusant le candidat de gauche de céder à la panique après un débat très suivi entre les candidats à la mairie de Paris sur BFMTV ce mercredi soir.
"Emmanuel Grégoire, vous sortez d'un débat où vous vous êtes montré calamiteux. Alors vous paniquez et sombrez dans le complotisme. Emmanuel Macron n'arrive même plus à se faire respecter de ses propres alliés, mais il va avoir une influence sur ses opposants?", a-t-elle écrit.
La polémique s’inscrit dans une campagne particulièrement tendue à Paris, marquée par des accusations croisées entre les candidats.
Lors du débat organisé mercredi soir, Emmanuel Grégoire avait déjà reproché à Rachida Dati des discussions en coulisses avec la candidate d’extrême droite, estimant que "l’extrême droite a choisi de se sacrifier à Paris à son profit au plan national ".
Alors que la campagne entre dans ses dernières heures avant la période de réserve électorale, prévue vendredi à minuit, le climat reste tendu entre les principaux candidats dans la capitale.