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Migration : Lesbos en quête de solidarité

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Migration : Lesbos en quête de solidarité
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L'île grecque de Lesbos reste démunie, face aux milliers de migrants laissés à la rue, deux semaines après l'incendie du camp de Moria. Ce lundi, la Commission européenne devait présenter sa réforme de l'asile, pour rendre les Etats membres plus solidaires. Ici, les attentes sont immenses.

"Nous ne voulons pas que nos îles soient le purgatoire de l'Europe", lance Konstantinos Moutzouris, gouverneur de la région nord de la mer Egée. "Les migrants ne peuvent pas rester ici, l'Europe doit partager ce fardeau. Ces personnes devraient pouvoir se déplacer librement. C'est ce que nous voulons. Je parle de ceux qui finissent par arriver, parce qu'aujourd'hui, les frontières sont mieux surveillées. Ces personnes veulent quitter les îles pour le continent, et ensuite gagner le reste de l'Europe. Nous ne voulons pas que nos îles deviennent un "purgatoire".

Aujourd'hui, le règlement de Dublin oblige le pays d'arrivée à traiter la demande d'asile, une législation souvent jugée obsolète par les ONG.

"Moria est le résultat de cinq ans de négligence", estime Stephen Oberreit, chef de mission, au sein de l'ONG Médecins Sans Frontières en Grèce, "[mais aussi] d'une politique d'endiguement, du fait de ne pas traiter comme des êtres humains les personnes qui arrivent en Europe pour y demander l'asile. Aujourd'hui, il faut changer le règlement de Dublin. Les personnes arrivées en Grèce devraient pouvoir se déplacer dans le reste de l'Europe, ou se voir offrir l'asile dans l'un de ces pays. Les Etats membres doivent être solidaires".

Nous ne voulons pas que nos îles soient le purgatoire de l'Europe
Konstantinos Moutzouris
Gouverneur de la région nord de la mer Egée

Depuis l'incendie du camp de Moria, plus de 12 000 personnes sont bloquées sur l'île de Lesbos.

"La solidarité, ça ne passe pas que par l'argent", affirme Ioannis Mastrogiannis, Président du conseil communautaire de Moria. "Cela peut aussi passer des actes, par le fait d'accepter des réfugiés et de répartir de manière équitable entre pays ces personnes".

Pour l'heure, seuls une dizaine de pays européens ont proposé d'accueillir des demandeurs d'asile, essentiellement des mineurs isolés.

"Ce n'est pas facile pour nous d'être sur cette île", explique un exilé. "On ne peut pas rester ici. Ce n'est pas un endroit pour des êtres humains. Ce n'est pas simple d'être obligé de rester. C'est une immense jungle".

Avec son nouveau pacte migratoire, Bruxelles compte mettre en place un "mécanisme de solidarité obligatoire" entre les pays de l'Union, et intensifier le retour des migrants qui ne sont pas éligibles au droit d'asile.