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Attaque à Paris : l'auteur présumé pensait s'attaquer au siège de Charlie Hebdo

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Des policiers sur les lieux d'une attaque au couteau près des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 à Paris, France
Des policiers sur les lieux d'une attaque au couteau près des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 à Paris, France   -   Tous droits réservés  Thibault Camus/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Le principal suspect dans l'attaque au hachoir, vendredi à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, pensait qu'il s'agissait toujours du siège du journal satirique, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon Le Parisien, qui a révélé l'information, l'homme, qui se présente comme un Pakistanais de 18 ans, avait fait des repérages devant l'immeuble et voulait s'attaquer à des journalistes de Charlie Hebdo. Des éléments qui ont été confirmés à l'AFP par cette source proche de l'enquête.

Il est soupçonné de s'en être pris vendredi en fin de matinée à deux salariés de l'agence de presse Premières Lignes, en pause cigarette devant leur immeuble situé au 10, rue Nicolas Appert (XIe arrondissement), qui abritait autrefois les locaux de Charlie Hebdo.

Le journal satirique a déménagé ses bureaux depuis cinq ans pour une adresse tenue secrète, qui fait l'objet "d'une sécurisation renforcée avec garde statique depuis le début de l'ouverture du procès" des attentats de janvier 2015 début septembre, selon la préfecture de police.

En garde à vue, l'homme a déclaré "assumer son acte qu'il situe dans le contexte de la republication des caricatures (de Charlie Hebdo, ndlr) qu'il n'a pas supportée", début septembre à l'occasion de l'ouverture du procès, selon la source proche de l'enquête.

La garde à vue du deuxième suspect a été levée à 23h30 car cet homme qui se trouvait à proximité du lieu de l'attaque a été mis "hors de cause", a affirmé samedi à l'AFP une source judiciaire.

Selon une source proche du dossier, son récit qui "consiste à dire qu'il a été témoin, a poursuivi l'auteur et a ensuite été menacé, a été corroboré par l'enquête" dans cette agression qui a fait deux blessés graves dans l'équipe de l'agence Premières Lignes.

Selon la source judiciaire, un "ancien colocataire du principal suspect quand il résidait dans un hôtel social" à Cergy (Val-d'Oise) a été placé à son tour en garde à vue vers 23H00 vendredi.

Six autres personnes ont également été placées en garde à vue dans le cadre de cette enquête ouverte par le parquet national antiterroriste (Pnat), confiée à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Il s'agit de cinq hommes qui se trouvaient dans un appartement de Pantin (Seine-Saint-Denis), le dernier domicile présumé du principal suspect et d'un ancien colocataire de ce dernier, quand il résidait dans un hôtel social de Cergy-Pontoise.

Déroulé des opérations de vendredi

Une vaste opération des services de sécurité français a été déployée ce vendredi, en fin de matinée, dans le XIème arrondissement de Paris, non loin des anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert. Dans cette rue, deux personnes ont été attaquées et grièvement blessées à l'arme blanche par un homme arrêté quelques minutes plus tard.

Une cellule de crise a été rapidement mise en place au ministère de l'Intérieur, présidée par le Premier ministre. Jean Castex et son ministre de l'Intérieur se sont rendus sur les lieux de l'attaque retrouvant sur place la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le procureur de la République de Paris.

La préfecture de police avait indiqué que ces blessés se trouvaient en urgence absolue. Plus tard dans la journée, le Premier ministre français, Jean Castex, a précisé lors d'une conférence de presse, que "leurs jours ne sont pas en danger".

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Conférence de presse du Premier ministre français, Jean Castex, sur les lieux de l'attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo, à Paris le 25 septembre 2020.GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Après la prise de parole du Premier ministre, le procureur du Parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard, a lui indiqué que "l'auteur principal" de l'attaque avait été arrêté en ajoutant qu'"un second individu" avait été appréhendé. Plus tard dans la journée cinq autres hommes ont été arrêtés à Pantin (Seine Saint-Denis).

Auparavant, vers 13 heures, les policiers avaient en effet annoncé qu'un premier agresseur présumé avait été interpellé, dans le quartier de la Bastille. Quelques dizaines de minutes plus tard, une deuxième personne, un Algérien de 33 ans, a été arrêtée vers la station de métro Richard Lenoir. Ces deux suspects ont été placés en garde à vue.

Le principal suspect, d'origine pakistanaise, serait âgé de 18 ans et serait connu des services de police pour port illicite d'arme.

Important dispositif policier et de sécurité

Seule la rue Nicolas Appert, qui donne sur le boulevard Richard Lenoir, était encore bouclée en fin d'après-midi. Un plus important dispositif avait été d'abord mis en place ; la place de la Bastille avait été ainsi elle aussi bouclée.

Par mesure de sécurité, des milliers d'élèves avaient été confinés dans les collèges et lycées de tout le secteur mis en alerte, c'est-à-dire les XIème, IIIème et IVème arrondissements. Les enfants qui avaient été accueillis ce vendredi matin dans les crèches du quartier sont restés également calfeutrés. Le confinement de ces 125 établissements scolaires a été levé vers 15h.

Plusieurs stations de métro (Richard Lenoir, Bastille et Saint-Sébastien Froissart) ont été également fermées au public par "mesure de sécurité", a indiqué la RATP, la régie des transports en commun de la région parisienne.

Ouverture d'une enquête pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste"

Dans un premier temps, il était question que le parquet de Paris ouvre une enquête pour "tentative d'assassinat". Mais, avant 14h, c'est le parquet national antiterroriste (Pnat) qui a été saisi. Une enquête de flagrance a été ouverte pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Paris et à Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

En début de soirée, une source judiciaire a indiqué à l'AFP que cinq nouvelles gardes à vue étaient en cours. D'après cette source, ces cinq hommes ont été interpellés à Pantin (au nord-est de Paris, dans le département Seine-Saint-Denis) par les enquêteurs lors d'une perquisition à l'un des domiciles supposés du principal suspect de cette attaque.

Présent vendredi soir sur le plateau du journal de 20h de la chaîne de télévision publique France 2, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué que cette attaque était "manifestement un acte de terrorisme islamiste".

Menace "sous-évaluée" ?

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a déclaré avoir demandé au préfet de police de Paris Didier Lallement pourquoi la menace avait été "sous-évaluée" près des anciens locaux de Charlie Hebdo.

Les deux victimes, un homme et une femme, sont des collaborateurs du magazine "Cash Investigation" diffusé sur France 2. Elles travaillent pour la société de production Premières Lignes, dont les locaux se trouvent dans le même immeuble que ceux des anciens bureaux de Charlie hebdo. Selon d'autres collaborateurs de cette société de production, ces deux personnes ont été attaquées, "vers 11h45" alors qu'elles se trouvaient "dans la rue pour fumer une cigarette".

L'hypothèse de la présence d'un colis suspect, un temps évoqué, a finalement été levée. "Aucun engin explosif n'a été détecté", a indiqué la préfecture de police.

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Un vaste dispositif policier a été mis en place dans le XIe arrondissement de Paris, le 25 septembre 2020GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Selon le quotidien Le Figaro, un hachoir aurait été retrouvé devant la station de métro Richard Lenoir. Une source proche de l'enquête a plus tard confirmé à l'Agence France Presse qu'il s'agissait bien de l'arme utilisée lors de l'attaque.

Réactions après l'attaque

Le magasine Charlie Hebdo a réagi sur Twitter en apportant "son soutien et sa solidarité" aux victimes de "cette odieuse attaque".

Anne Hidalgo a condamné "avec la plus grande fermeté" cette "ignoble attaque terroriste".

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s'est dit "extrêmement choquée" par cette attaque.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a fait part de sa vive émotion. Le Belge a affirmé sa "pleine solidarité avec le peuple français".

Rappelons que cette attaque intervient en plein procès de 14 hommes et femmes accusés d'avoir aidé les auteurs des attentats contre Charlie Hebdo, l'épicerie juive Hyper Cacher et des policiers en janvier 2015 ; les audiences se déroulent devant une Cour d'assises spéciale installée dans la capitale française.

La rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a persisté et signé en publiant une nouvelle fois des caricatures de Mahomet à sa Une le 2 septembre dernier, et elle a reçu rapidement de nouvelles menaces islamistes, revendiquées par Al-Qaïda.