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Attentats de janvier 2015 : une rescapée témoigne au procès, la DRH de Charlie Hebdo est exfiltrée

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Hommage sur les lieux de l'attentat de l'Hyper Cacher, janvier 2015
Hommage sur les lieux de l'attentat de l'Hyper Cacher, janvier 2015   -   Tous droits réservés  AFP
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Après la tuerie de Charlie Hebdo et l'assassinat de Montrouge, la cour d'assises spéciale de Paris replonge depuis lundi dans l'horreur de la prise d'otages de l'Hyper Cacher. Le 9 janvier 2015, quatre hommes, tous juifs, ont été tués : François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen et Yoav Hattab.

Hier, le déroulé de l'attaque, "4 heures et 4 minutes de cauchemar", a été raconté par Christian Deau, ex-chef antiterroriste de la brigade criminelle de Paris.

La maire de Paris, Anne Hidalgo a aussi été entendu à la barre comme témoin, malgré l'opposition d'une majorité des avocats de la défense qui ont quitté la salle d'audience en signe de protestation, jugeant qu'elle n'apportait aucune information sur la culpabilité des accusés. C'est la demande de la partie civile qu'Anne Hidalgo était venue raconter son rôle de maire lors de ses journées terribles de 2015.

Ce mardi, c'est au tour de Zarie Sibony, caissière de l'Hyper Cacher à l'époque des faits, de témoigner. Signe de l'ampleur du traumatisme, seule une partie des ex-otages viendra témoigner. Trop "dur" pour les autres, a expliqué un avocat de parties civiles.

Mais c'est une "étape très importante" pour la jeune femme, qui veut "représenter la voix" des 4 victimes qui n'en ont pas réchappé. C'est l'une des rares survivantes de confession juive à déposer lors de ce procès. Elle vit en Israël depuis un an, a des projets ( elle est puéricultrice et vient de passer son diplôme d'infirmière), mais elle continue de culpabiliser d'être en vie, tout en ayant peur que cela recommence. Elle revient ici sur le début de l'attaque :

"J’ai entendu à ma droite une détonation, et là à ce moment-là c’était quand le terroriste a tué M. Braham, qui attendait justement à ma caisse. Et après j’entends, je me rappelle très bien, le bruit des pas lourds du terroriste qui vient, qui se met en face de moi. Donc moi je suis assise par terre, lui il est debout en face de moi avec ses armes, il avait deux Kalashnikov, une dans chaque main, et il m’a dit cette phrase que je ne pourrai jamais oublier. Il m’a dit: 'Tu n’es pas encore morte toi, tu ne veux pas mourir '. Et il a tiré. C’est en regardant à côté de moi et en voyant l’impact de balle dans ma caisse que j’ai compris que clairement j’avais failli mourir. Après j’ai vu que je pouvais bouger et me lever, mais je ne comprends toujours pas d’ailleurs pourquoi, comment il m’a ratée alors que j’étais vraiment en face de lui."

La peur que cela se reproduise, une peur viscérale qui est étayée par les menaces régulières de l'organisation djihadiste Al-Qaïda contre Charlie Hebdo.

Les dernières viennent d'être jugées très sérieuses.

A tel point que la DRH de Charlie Hebdo, Marika Bret, a été contrainte de quitter son domicile, en 10 minutes, sans possibilité de retour, sur ordre des officiers de sécurité qui la protègent depuis bientôt 5 ans. Une semaine après les faits, Marika Bret affirme que cela "traduit le niveau de tension inédit auquel nous sommes confrontés" et évoque "un niveau de haine hallucinant autour de Charlie Hebdo".