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Au procès des attentats de janvier 2015, le souvenir de la policière Clarissa Jean-Philippe

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L'hommage aux policiers tués en France lors des attaques de janvier 2015
L'hommage aux policiers tués en France lors des attaques de janvier 2015   -   Tous droits réservés  Francois Mori/AP
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Débuté le 2 septembre, le procès des attentats de janvier 2015 se poursuit devant la Cour spéciale de Paris qui se penchait ce vendredi sur le meurtre d'une policière à Montrouge survenu au lendemain de l'attaque sanglante contre le journal satirique Charlie Hedbo.

8 heures du matin, le 8 janvier 2015

Il est environ 8 heures du matin, le 8 janvier 2015. Deux agents municipaux interviennent pour un banal accident de la circulation quand ils sont subitement pris pour cible par un homme cagoulé, vêtu d'un gilet par balles et lourdement armé. Clarissa Jean-Philippe, 26 ans, alors stagiaire dans la police, est touchée mortellement dans le dos, alors que son collègue est grièvement blessé à la tête.

Présent sur les lieux, Laurent, également agent municipal, survivant de l'attaque, se retrouve nez à nez avec le terroriste. Plutôt que fuir, il préfère lutter. Il a livré son témoignage devant la cour :

"Si je lui tourne le dos et que je pars, il a la distance suffisante pour m'abattre, donc ma seule chance, c'est de lui rentrer dedans", a-t-il raconté ce vendredi. "Il m'a fait tomber sur un pare-choc de voiture, je l'ai poussé contre une grille. On a fait quelques mètres ensemble."

Si je lui tourne le dos et que je pars, il a la distance suffisante pour m'abattre
Un agent municipal
Témoin de l'attaque de Montrouge

Laurent reste agrippé à la kalachnikov : "Il m'a dit : Tu veux jouer, tu vas crever." Le terroriste sort alors un pistolet automatique de sa doudoune, sans parvenir à tirer, son arme s'étant probablement enrayée. Il finit par s'enfuir.

Il m'a dit : Tu veux jouer, tu vas crever.

Dans l'altercation, Laurent a arraché la cagoule de l'individu, qui permettra ensuite, grâce à un prélèvement ADN, d'identifier l'homme comme étant Amédy Coulibaly. C'est lui qui le lendemain fera irruption dans une supérette cacher de la Porte de Vincennes, où il tuera quatre personnes, toutes Juives, avant d'être abattu par les forces de l'ordre. Coulibaly était complice des frères Kouachi et avait fait allégeance à l'Etat islamique.

Une école juive visée ?

Depuis l'attaque de Montrouge, une zone d'ombre demeure : les policiers étaient ils la cible initiale d'Amédy Coulibaly ? Car une école juive se trouvait juste à proximité des lieux de l’attaque. Les enquêteurs n'ont aucune certitude, mais avouent que l'hypothèse est probable.

Devant la cour, Laurent, lui, a dit n'avoir aucun doute sur le fait que l'école juive était visée : "C'était l'heure de rentrer en classe. Quelques minutes après, la porte était fermée. J'ai dû faire foirer son timing (...) "Comment il aurait pu prévoir qu'il y aurait des policiers?".

C'était l'heure de rentrer en classe. Quelques minutes après, la porte était fermée. J'ai dû faire foirer son timing.
Témoin de l'attaque

Ce jour là, seule Clarissa Jean-Philippe est tombée sous les balles d'Amédy Coulibaly. "C'était une fille extraordinaire, elle adorait son travail", a témoigné à la barre l'un de ses collègues.

L'attaque contre l'Hyper cacher lundi devant la Cour

La Cour d'assises doit aborder à partir de lundi l'attaque contre l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Elle a pu entendre ces derniers jours des survivants de Charlie Hebdo ainsi que les otages des frères Kouachi dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële, près de Paris, où les deux terroristes avaient finalement été abattus par les forces de l'ordre.

Ce procès doit s'étendre jusqu'à la mi-novembre. A la barre, 14 complices présumés des terroristes qui ont essentiellement servi de soutiens logistiques. Ils encourent des peines allant jusqu'à 25 ans de prison. Trois des principaux accusés sont en fuite, dont Hayet Boumédienne, l'ex-compagne d'Amédy Coulibaly.