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A 18 ans, le saut dans le vide : que deviennent les migrants, une fois majeurs ?

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Les jeunes migrants, abandonnés à leur majorité
Les jeunes migrants, abandonnés à leur majorité   -   Tous droits réservés  AFP
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Le 2 avril 2018, la vie de Thierno, jeune Guinéen de 18 ans, a basculé. Elle n'était déjà pas facile, pour le jeune migrant. Mais pour lui comme pour de nombreux mineurs isolés étrangers, la majorité c'est le saut dans l'inconnu. Les aides s'arrêtent. Et c'est souvent la rue qui les attend.

j’ai décidé de ne plus jamais fêter mon anniversaire

"En 2018, le 2 avril, c’était le jour de mon anniversaire mais le lendemain, c’était autre chose, c’était une autre vie encore, explique Thierno Mamoudou Bah. Depuis là, moi-même j’ai décidé de ne plus jamais fêter mon anniversaire jusqu’à présent."

Sans papier, Thierno ne pouvait pas travailler. Après un CAP propreté il fait aujourd'hui le ménage dans une université.

L'association Repairs!95 en banlieue parisienne aide ces jeunes adultes. Que deviennent les 31 000 mineurs isolés étrangers en France, après 18 ans ? Leur situation fait polémique depuis l'attaque au hachoir perpétrée près des anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris par un jeune Pakistanais.

"Pendant un an, tu vis dans le déni, raconte Oumou Diallo, Guinéenne de 20 ans qui prépare un BTS. Mais franchement, eux, ils ne nous préparent pas à la majorité, on est tenu au courant trop tard, à la fin de nos 17 ans, ils nous disent 'il faut que tu penses à savoir ce que tu veux faire.' C'est vraiment une situation stressante."

Diodio Métro, présidente de l'association Repairs!95, regrette cette absence de suivi, que les jeunes soient ainsi lâchés dans la nature.

"Investir autant d'argent pour protéger des personnes pour après les laisser dehors, je trouve ça dommage. Je trouve ça vraiment dommage parce que parfois, il faut juste six ou huit mois de plus pour permettre aux jeunes de se sentir assez autonomes parce qu'on parle d'autonomie mais l'autonomie, c'est vaste, il y a des adultes qui ne sont pas autonomes. Ce sont des jeunes qui doivent savoir maîtriser leur déclaration d'impôts, qui doivent savoir gérer la sécurité sociale, qui doivent savoir gérer la CAF... Il y a des adultes qui sont incapables de faire ça et eux, par contre, à 18 ans on leur dit 'il faut absolument savoir faire ça.'"

La pandémie de Covid-19 n'arrange rien. Ceux qui avaient trouvé un petit boulot l'ont parfois perdu. Beaucoup sont aujourd'hui à la rue.