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Dans le Morvan, une école d'imams enseigne la religion "à la française"

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 L'Institut européen des sciences humaines forme des imams à la française
L'Institut européen des sciences humaines forme des imams à la française   -   Tous droits réservés  AFP
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Au fin fond du Morvan se trouve une des rares écoles d'imams de l'Hexagone on l'on forme "à la française". Un cursus qu'entend développer Emmanuel Macron, pour éviter les influences étrangères. Ici on apprend à faire cohabiter l'islam et les valeurs de la République.

L'établissement de quelque 200 étudiants a été le premier du genre à voir le jour en France, en 1992.

Un imam qui exerce en France doit être formé en France

Yasser, originaire de l'Ile Maurice mais né en France 31 ans, est étudiant en 3e et dernière année d'études à l'IESH pour devenir imam. La lutte contre la radicalisation, c'est un sujet crucial pour lui :

"Tout musulman doit être acteur, dit Yasser Hobass, en apprenant justement, et en transmettant le bon message de l’islam, et ne pas laisser cette minorité, ces groupuscules porter un message, celui de l’islam, qui n'est pas le leur, et qu'ils ont bien sûr falsifié et modifié. Apprendre l’islam en France est pour moi essentiel et primordial dans le sens où on vit dans un contexte où l’islam a des particularités qu'on ne retrouvera pas dans d'autres pays comme le Sénégal par exemple. Donc il faut que oui, que celui qui apprend sa religion puisse l’apprendre dans ce contexte français."

"Un imam qui exerce en France doit être formé en France", martèle Larabi Becheri, le doyen de l'Institut européen des sciences humaines (IESH), pour qui les imams étrangers sont "en déphasage". Trois cents imams sont "détachés" par la Turquie, le Maroc et l'Algérie dans les quelque 2.500 mosquées de l'Hexagone.

on répond à une caricature par une caricature, pas par la violence

Le professeur condamne l'assassinat d'un autre homme, professeur comme lui, Samuel Paty.

"Aucun enseignant ne doit s'inquiéter en donnant un cours, s'indigne Larabi Becheri. Quand il y a quelque chose qui nous plaît pas dans un cours, dans un enseignement, on répond à l'enseignement par un enseignement, on répond à une caricature par une caricature, on répond à un argumentaire par un argumentaire et non pas par la violence, ni par l'émotion, ni quoi que ce soit. "

Le doyen dit ne pas faire de politique, et assure qu'il, n'y a pas de Frères musulmans dans son école, même si ils ont été à l'origine de sa création. L'école de Saint-Léger-de-Fougeret est autofinancée à 80-85%, ce à quoi s'ajoutent les dons de mosquées, et de pays du Golfe, mais pour ces derniers, pas pour financer le programme pédagogique, dit l'école.