DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

La Commission européenne accuse Amazon d'avoir enfreint les règles européennes de concurrence

euronews_icons_loading
Photo d'illustration : un entrepôt d'Amazon à Douai, dans le nord de la France, le 16 avril 2020
Photo d'illustration : un entrepôt d'Amazon à Douai, dans le nord de la France, le 16 avril 2020   -   Tous droits réservés  AP Photo/Michel Spingler,
Taille du texte Aa Aa

La Commission européenne met en garde le géant américain du commerce en ligne Amazon, estimant qu'il a enfreint les règles européennes de concurrence en tirant profit des données de détaillants indépendants qui utilisent son site internet.

L'exécutif de Bruxelles annonce d'autre part dans un communiqué publié ce mardi qu'il a ouvert une seconde enquête pour pratiques anti-concurrentielles visant la plateforme américaine : il soupçonne un traitement préférentiel des offres d'Amazon ou des vendeurs de sa place de marché utilisant les services de livraison du géant américain.

Nous sommes parvenus à la conclusion préliminaire qu'Amazon a illégalement abusé de sa position dominante en tant que fournisseur de services sur le marché en Allemagne et en France. Margrethe Vestager, Commissaire européenne à la Concurrence

Des annonces de nature à montrer aux petits commerces que les autorités européennes veillent...

Oliver Roethig, du syndicat UNI Global Union : "Nous nous en félicitons vraiment. Il est vraiment grand temps que la Commission intervienne. Quand je regarde certaines des preuves claires que nous avons déjà sur le comportement monopolistique d'Amazon, nous avons vraiment besoin de l'intervention de la Commission à ce sujet."

Amazon a immédiatement rejeté les conclusions de Bruxelles, allant même jusqu'à affirmer qu'aucun autre groupe n'était plus attentif à la situation des petites entreprises qu'Amazon. C'est dire à quel point la société de Jeff Bezos n'a peur de rien et n'a pas la moindre intention de changer ses pratiques.

Plus tôt cette année, Amazon a aussi été accusé d'espionnage de ses employés.

Aux États-Unis aussi, le vent a commencé à tourner contre la firme de Jeff Bezos, le Congrès américain commençant à enquêter sur les pratiques commerciales en ligne des géants de l'internet comme Apple et Google.

Les sanctions infligées par la Commission européennes pourraient atteindre jusqu'à 10% du chiffre d'affaires d'Amazon.

De son côté, Amazon, que nous avons contacté, conteste la mise en garde des autorités européennes. La société américaine nous a en effet indiqué :

"Nous sommes en désaccord avec les affirmations préliminaires de la Commission Européenne et nous mettrons tout en œuvre pour que celle-ci ait une parfaite compréhension des faits. Amazon représente moins de 1 % du commerce de détail mondial, et il existe des distributeurs bien plus importants dans chacun des pays où nous opérons. Aucune entreprise ne se soucie davantage des petites entreprises, ou n'a fait plus pour les soutenir au cours des deux dernières décennies, qu'Amazon. Plus de 150 000 entreprises européennes vendent par l'intermédiaire de nos boutiques. Elles génèrent des dizaines de milliards d'euros de revenus annuels et ont créé des centaines de milliers d'emplois."

Bruxelles doit annoncer de nouvelles législations qui viendront moderniser sa directive sur le commerce électronique... qui date d'il y a vingt ans.