L'inauguration du Salon, porte de Versailles – événement populaire et passage obligé pour les responsables politiques – a été marquée par l'absence de bovins et de volailles en raison des épidémies, ainsi que par le boycott de la Coordination rurale, syndicat contestataire.
Pour la première fois, les vaches n'étaient que sur les photos. Emmanuel Macron a inauguré la 62e édition du Salon international de l'agriculture, sans bovins – dermatose nodulaire oblige – et sans les représentants syndicaux qui contestent la politique gouvernementale.
Le chef de l'État a déclaré "respecter" le choix des organisateurs de ne pas exposer de vaches et a salué les "choix sanitaires (…) défendus par le gouvernement", ajoutant que le combat contre l'épidémie dans les élevages français était sur le point d'être "gagné".
Autre "bonne" nouvelle pour le président : après un entretien avec l'alliance majoritaire FNSEA-JA et un boycott annoncé par la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat français situé très à droite, Emmanuel Macron a finalement pu échanger avec son président, Bertrand Venteau.
Ce dernier, cité par l'AFP, a toutefois décrit un "dialogue de sourd", estimant que la question agricole n'intéressait pas le chef de l'État, qui serait, selon lui, dans sa "dernière année".
La Confédération paysanne (CP), syndicat de gauche, a pour sa part refusé tout échange avec le président. La CP reproche au gouvernement de ne pas avoir suffisamment défendu les agriculteurs face aux difficultés du secteur, pointant la gestion de l'épidémie de dermatose et la politique d'abattage systématique des troupeaux infectés.
Les syndicalistes dénoncent également la faible protection des revenus agricoles face à la concurrence étrangère, en particulier à la lumière de l'accord avec le Mercosur, contre lequel la France s'était pourtant opposée.
"C'est bien d'avoir des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans des démocraties"
Toujours au Salon, Emmanuel Macron a déclaré samedi que la décision de la Cour suprême des États-Unis d'invalider les droits de douane imposés par Donald Trump montrait l'importance d'avoir "un État de droit'.
"Pour ceux qui pensent que les Cours suprêmes, c'est des problèmes dans la vie politique, une Cour suprême, elle a regardé la Constitution, elle dit que ce n'est pas conforme à la Constitution. Là, tout le monde dit que c'est formidable. C'est bien d'avoir des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans des démocraties. Il faut s'en féliciter", a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la France examinerait les conséquences du nouveau droit de douane mondial de 10 % instauré par Donald Trump et qu'elle "s'adapterait", Paris souhaitant continuer à exporter ses produits, notamment agricoles, de luxe, de mode et aéronautiques.
Le président a souligné la nécessité de "pacifier" les relations commerciales, insistant sur la règle de réciprocité et sur le fait de "ne pas subir de décisions unilatérales".
Marche pour Quentin : Macron appelle "tout le monde au calme"
Au début de sa déambulation au Salon de l'agriculture, porte de Versailles, Emmanuel Macron a appelé au calme avant un rassemblement en hommage à Quentin Deranque, dont le meurtre a mis le pays sous tension.
Le président de la République a assuré que le gouvernement resterait "très vigilant pour que les choses se passent au mieux possible".
Emmanuel Macron a également annoncé que son gouvernement tiendrait une réunion pour discuter des "des groupes d'action violentes qui sévissent et qui ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient", évoquant la possibilité de dissolutions.