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Covid-19 : Macron attendu pour donner "un cap" et desserrer la vis

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Emmanuel Macron, Jean Castex et Bruno Le Maire lors d'une visioconférence à l'Elysée, Paris, le 17 novembre 2020
Emmanuel Macron, Jean Castex et Bruno Le Maire lors d'une visioconférence à l'Elysée, Paris, le 17 novembre 2020   -   Tous droits réservés  Ludovic Marin/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Noël, commerces, déplacements... l'arbitrage d'Emmanuel Macron est attendu cette semaine sur de lourdes questions, alors que monte l'impatience d'un allègement des contraintes imposées aux Français pour affronter la deuxième vague de Covid-19.

Le pic épidémique semblant franchi, le président promet d'utiliser son allocution télévisée, mardi à 20H, pour apporter "de la clarté" et "un cap" sur la crise sanitaire.

"Rien n'est pire que l'incertitude et l'impression d'une morosité sans fin", assure Emmanuel Macron au Journal du Dimanche: "Il faut de la cohérence, de la clarté, un cap. Savoir ensemble où nous allons et comment y aller".

"C'est difficile, car la pandémie est par essence imprévisible et mondiale", explique-t-il, "mais c'est la clé de la confiance, qui elle-même est la clé du succès."

Selon M. Macron, "il n'y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l'Histoire. Et la France a tous les atouts pour l'être".

Comme à chaque étape depuis le premier confinement en mars, le chef de l'Etat devra trancher en s'efforçant de concilier les impératifs de protection sanitaire et ceux de l'économie, sans parler du moral de la population de plus en plus affecté par de longs mois de vie "normale" mise entre parenthèses.

Et si l'exécutif a dit et répété ces derniers jours qu'un déconfinement était exclu à ce stade, Emmanuel Macron s'apprête bien à desserrer la vis mardi.

Les "assouplissements (...) se feront en trois étapes au regard de l'évolution sanitaire et des risques liés à certaines activités : d'abord autour du 1er décembre, puis avant les congés de fin d'année, puis à partir de janvier 2021", a expliqué au JDD le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Questionné sur les vacances de Noël au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a appelé à distinguer "la question du souhait et la question de la réalité".

"Si d'aventure l'évolution est positive, tant mieux, et à ce moment-là je pense qu'il y aura des mesures qui seront prises. Il y aura une deuxième série de décisions qui sera prise vers le 20 décembre", a-t-il poursuivi.

Dans l'immédiat, la réouverture des commerces "autour du 1er décembre" est quasi acquise, avec des protocoles adaptés. Mais "certains établissements, comme les bars et restaurants, continueront à connaître des restrictions", a souligné Gabriel Attal. Par ailleurs, l'attestation pour se déplacer restera en vigueur.

Qu'en sera-t-il des cinémas et des théâtres, des salles de sport, des stations de ski?

Les interventions de ces secteurs se sont multipliées ces derniers jours pour attirer l'attention de l'exécutif sur leurs difficultés, tandis que montait la critique des oppositions.

"Il y a une obligation de penser à des alternatives au confinement comme méthode", alors que "le gouvernement ne prend jamais une longueur d'avance", a asséné sur France 3 Jean-Luc Mélenchon, candidat des Insoumis à la présidentielle de 2022.

Jordan Bardella (RN) a lui aussi jugé sur France Inter qu'il y avait eu "un défaut d'anticipation majeur pendant cette crise". Demandant de "sortir de cette absurdie totalitaire", il s'est toutefois dit satisfait que l'on "fasse enfin preuve de bon sens, de souplesse, et qu'on permette une reprise."

Invité d'Europe 1-Les Echos-CNEWS, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg a pointé "des problèmes de misère qui surgissent dans notre pays", et souligné que l'Allemagne avait eu "quatre fois moins de morts avec des destructions économiques qui sont deux fois moins importantes".

Après avoir été reçus vendredi par le Premier ministre Jean Castex, les dirigeants de l'opposition ont dit leur impression - pour s'en plaindre - que tout était suspendu à la décision solitaire du président, symbolisée par les "conseils de défense sanitaire" qu'il préside désormais chaque semaine.

Une posture qui ne nuit pas pour l'instant à Emmanuel Macron, dont la popularité progresse dans une série de sondages.

Le chef de l'Etat, qui explique depuis la rentrée qu'il faudra apprendre à vivre durablement avec le coronavirus, devrait également esquisser mardi sa stratégie en matière de vaccins.

Selon Gabriel Attal, la France a déjà signé trois contrats avec des laboratoires, en a "au moins trois autres très avancés, et d'autres en discussion", avec "en moyenne 30 millions de doses par contrat".

Près de 300 malades du Covid-19 sont décédés au cours des dernières 24 heures, mais le nombre de patients en réanimation poursuit sa décrue pour le 5e jour consécutif, selon les statistiques officielles publiées samedi. Plus de 48 500 personnes en France sont mortes du coronavirus depuis le début de l'épidémie.