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Sommet virtuel du G20 à Riyad : des promesses virtuelles ?

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Sommet virtuel du G20 à Riyad : des promesses virtuelles ?
Tous droits réservés  Meshari-Alharbi/MESHIREE
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Les dirigeants des nations les plus puissantes du monde ont conclu le sommet du G20 en promettant de "ne reculer devant aucun effort pour assurer la distribution équitable des vaccins contre le Covid-19".

Organisé par l'Arabie saoudite, ce qui a été très critiqué par les ONG de défense des Droits de l'Homme, ce sommet virtuel s'est achevé sur un consensus général, mais sans proposer aucun nouveau financement spécifique. Or les Nations Unies ont besoin de 4,5 milliards de dollars en urgence.

"Nous avons tenu notre engagement de continuer à travailler ensemble pour relever le défi de la pandémie de Covid-19 afin de préserver les vies et les moyens de subsistance, et de protéger les plus vulnérables" s'est satisfait le Roi Salmane.

Le G20, qui comprend les États-Unis, l'Inde, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, ou encore le Japon, a toutefois exprimé son soutien à des efforts tels que COVAX, une initiative internationale visant à distribuer des vaccins contre le Covid-19 aux pays du monde entier. Mais on craint que des accords directs entre certains pays et des sociétés pharmaceutiques aient déjà permis la monopolisation de la majeure partie de l'approvisionnement mondial en vaccins.

Angela Merkel, Chancelière allemande, a fait part de son inquiétude :

"Je pense que le plus important maintenant est que Covax, avec l'argent dont elle dispose, négocie avec les fabricants de vaccins potentiels, car nous sommes, par exemple dans l'Union européenne, déjà très avancés dans les négociations avec certains producteurs de vaccins".

Le Center for Global Development a calculé que les pays riches avaient déjà réservé 1,1 milliard de doses du futur vaccin de Pfizer/BionTceh, l'un des plus avancés, sur un total annoncé de 1,3 milliard de doses produites l'an prochain.

Les Nations unies, redoutant l'apparition d'un "nationalisme vaccinal", ont donc appelé à trouver en urgence au moins 4,2 milliards de dollars pour garantir, sous la conduite de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un accès équitable au vaccin. Un montant sur lequel le G20 ne s'est donc pas expressément engagé.

La détresse des économies frappées par la pandémie constituent également un problème. Le G20 a promis de mettre en oeuvre la suspension du paiement de la dette des pays les plus pauvres jusqu'en juin 2021 afin de leur permettre de concentrer leurs dépenses sur les soins de santé. L'ONU espérait que ce délai soit étendu jusqu'à la fin 2021, mais le G20 s'en remet à ses ministres des Finances pour "examiner" cette question au printemps prochain.

L'Italie, qui présidera le prochain G20, s'est tournée vers l'avenir :

"La présidence italienne veut voir au-delà de l'urgence. Nous voulons promouvoir une reprise durable, inclusive et résiliente. Nous voulons mettre en place toutes les mesures nécessaires pour une reconstruction plus solide et plus efficace, en promouvant une société plus juste" a déclaré Giuseppe Conte, Premier ministre italien.

L'ONG Oxfam a elle critiqué un "décalage total entre les appels (des Européens notamment) à faire du vaccin un "bien public mondial" et la course au vaccin qu'ils entretiennent".