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Le mal-être du monde agricole raconté par un éleveur

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Par Euronews avec AFP
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Matthieu Marcon, dans son exploitation
Matthieu Marcon, dans son exploitation   -   Tous droits réservés  AFP
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Jusqu'en septembre dernier, la vie de Matthieu Marcon était rythmée par la routine de ses animaux. Fermier dans un village de l'Ain depuis une dizaine d'années, il élevait 50 vaches Salers pour leur viande. Beaucoup de frais, de maigres revenus jusqu'au jour où cet agriculteur a dû déclarer forfait… L'exploitation a été placée en liquidation.

« On a eu été dans des difficultés financières et humaines, jusqu'à arriver au point de non retour l'année passée, raconte-t-il. Et après, c'est le cercle vicieux. Comme on a démarré de rien, il fallu qu'on achète tout, donc les investissements étaient peut-être trop lourds par rapport à la rentabilité. »

Un monde agricole miné par un modèle intenable et la déprime

Des histoires comme celle-ci, il y en a foison dans le monde agricole français et un député vient de consacrer un rapport à ce mal-être qui a conduit, selon les derniers chiffres connus, à 372 suicides en 2015. Ce député, Olivier Damaison, recommande de faire plus pour aider ces agriculteurs en souffrance et de le faire à l'échelle locale.

Le suicide, Matthieu Marcon y a lui aussi songé le jour où il n'a plus eu les moyens de nourrir ses bêtes. Il a alors appelé une permanence d'écoute.

« C'est dur pour quelqu'un qui aime ses animaux de les entendre gueuler, confie-t-il. Je les ai appelés, je leur ai dit que j'étais au bord et que je savais pas ce que je faisais là. Lui, il a pris peur, du coup, il a appelé la gendarmerie et les pompiers. »

Déplorant un modèle agricole qui contraint les éleveurs à vendre à perte, il a remplacé ses vaches par une vingtaine de lapins, pour garder un lien avec les animaux. Mais aujourd'hui, il n'y croit plus et cherche un travail.