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Covid-19 : le point sur le casse-tête des stations de ski en Europe

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La station de ski de Chatel, dans les Alpes françaises, le 1er décembre 2020
La station de ski de Chatel, dans les Alpes françaises, le 1er décembre 2020   -   Tous droits réservés  FABRICE COFFRINI/AFP
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Une scène traditionnelle d'hiver dans une station de ski : de la neige, des chalets,..., mais pas de touristes. La station italienne de Cervinia-Breuil a des airs de villes fantômes. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant. Non sans contestations, les stations italiennes, françaises et allemandes seront fermées pendant les vacances de Noël pour tenter de contrôler la pandémie de coronavirus.

Il n'y aura pas de remontées mécaniques, pas de restaurants, même si rien n'interdit malgré tout d'aller respirer l'air pur des montagnes enneigées...

Depuis une semaine, la chancelière allemande Angela Merkel cherche à coordonner la fermeture des stations de ski au niveau européen, au moins jusqu'à la nouvelle année.

L'Autriche a été mise sous pression par Berlin, Paris et Rome et accuse même l'Allemagne d'ingérence. Même si l'hiver dernier, les stations de sports d'hiver autrichiennes se sont révélées être un terrain très propice au Covid-19, Vienne n'a pas l'air de vouloir céder.

Ayant déjà pris leur décision, la Suisse et le Lichtenstein ouvrent leurs stations. L'Espagne et Andorre pourraient faire de même.

Faute de voir naître cette coordination, la France a annoncé réfléchir à "des mesures restrictives et dissuasives" à l'encontre des vacanciers français récalcitrants.

"S'il y a des pays à l'intérieur ou à l'extérieur de l'UE qui gardent leurs stations de ski ouvertes, nous aurons en effet des mesures de contrôle pour dissuader en premier lieu nos citoyens de se rendre dans des zones considérées comme présentant un risque d'infection. Et ce, afin de ne pas créer une situation de déséquilibre, les stations en France, en Italie, en Allemagne devant rester fermées alors que d'autres sont ouvertes" a expliqué le président français Emmanuel Macron.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo qui était à Paris, à ses côtés, mardi, est du même avis. Il n'est pas question de laisser faire la concurrence déloyale :

"Il doit y avoir une solidarité entre les pays européens et les autres pays à nos frontières. Je pense que nous ne pouvons pas demander à nos stations de ski de rester fermées et voir les gens aller ailleurs".

Mais quelles mesures restrictives pourraient empêcher de se rendre dans les stations suisses ou autrichiennes ? En Bavière, par exemple, les skieurs savent déjà qu'ils devront observer une quarantaine de 10 jours à leur retour de vacances. Ce matin, le Premier ministre français Jean Castex évoquait une mise à l'isolement de 7 jours pour les Française qui se seraient rendus à l'étranger.

Les stations autrichiennes, elles, disent avoir tout fait pour prévenir les contaminations : ski sur les pistes en plein air, mais pas de sorties dans les bars, les restaurants en fin d'après-midi ou de boîtes de nuit le soir. Les télésièges sont tous à l'air libre. Quant aux téléphériques, beaucoup arguent qu'elles ne font pas courir plus de risque que les transports en commun dans les villes.

Le secteur du ski français en colère

"La Suisse a fait de la communication pour promouvoir un service de bus transfrontaliers pour venir chercher nos skieurs !", a assuré Jean-Luc Boch, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM).

"Si l'Autriche et la Suisse, qui sont nos deux principaux concurrents, ouvrent, ça nous pose un sérieux problème pour Noël et pour l'avenir", a déclaré le PDG de Compagnie des Alpes, Dominique Marcel, au site Boursorama.

Selon le président de la Confédération pyrénéenne, Michel Poudade, "rien n'empêchait le gouvernement de mettre en œuvre des mesures permettant d'avoir des stations ouvertes, d'autres fermées selon les régions et les problématiques sanitaires".

Pour Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France (DSF), "le malheur des autres n'a jamais fait mon bonheur", et les professionnels continuent à plaider pour une réouverture.

Le secteur de la montagne ne décolère pas depuis l'annonce que les remontées mécaniques resteront fermées en décembre, donc pour les vacances de Noël et l'avant-saison qui représentent 20 % de l'activité.

Mais la décision "a été arbitrée", a fait valoir une source au gouvernement.

Les stations sont "des lieux de brassage" où "on se retrouve dans des lieux qu'on a loués à plusieurs. On sait que c'est comme cela qu'on s'infecte et donc on cherche plutôt à l'éviter" pour "ne pas sacrifier tous les efforts qu'on a faits", a argumenté Emmanuel Macron.

"Si par malheur (...) l'épidémie repart (...) et que cette fois-ci c'est du mois de janvier au mois d'avril qu'il faut fermer les stations de sports d'hiver et les stations de montagne, on sera tous perdants et, là, c'est 80 % du chiffre d'affaire de l'économie de la montagne qui sera perdu", a martelé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, mardi soir sur LCI.

L'annonce, lundi, d'une série d'aides - indemnisation des remontées mécaniques, chômage partiel avec "un reste à charge zéro" pour les saisonniers- n'a nullement calmé le secteur.

L’Alpe d’Huez ne baissera pas les bras ! Nous demandons au Gouvernement de reprendre raison et d’écouter les...

Posted by Alpe d'Huez on Monday, November 30, 2020

Professionnels et élus se rassembleront pour protester contre la fermeture des remontées mécaniques qui pèse sur toute l'économie des stations-villages et des vallées, ce mercredi matin à Bourg d'Oisans, en Isère et Bourg-Saint-Maurice, en Savoie.