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Donald Trump met son véto au budget de la défense et accorde des grâces présidentielles à ses alliés

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Donald Trump met son véto au budget de la défense et accorde des grâces présidentielles à ses alliés
Tous droits réservés  Alex Brandon/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Avant de partir fêter Noël, Donald Trump a laissé quelques "cadeaux" au Congrès. Le président américain a opposé mercredi son veto au budget de la défense de 740,5 milliards de dollars, pourtant déjà adopté par le Congrès à une majorité écrasante.

"Malheureusement, ce texte de loi n'inclut pas des mesures cruciales pour la sécurité nationale" et "va à l'encontre des efforts de mon gouvernement pour mettre l'Amérique d'abord en matière de sécurité nationale et de politique étrangère", dit le président sortant dans son message officiel au Congrès, évoquant un "cadeau à la Chine et à la Russie".

Le budget renvoyé mercredi au Congrès prévoit notamment une hausse de 3% du salaire du personnel de défense. Mais Donald Trump souhaite que texte abolisse une loi dont une section protège le statut juridique des réseaux sociaux, qu'il accuse d'être biaisés contre lui.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a accusé le président d'utiliser "ses dernières heures au pouvoir pour semer le chaos". Elle a annoncé que les députés reviendraient de vacances dès lundi pour "passer outre le veto".

Mais l'opposition présidentielle plonge son propre camp dans l'embarras. Le président de la commission de la Défense du Sénat, le républicain Jim Inhofe, tout en saluant le bilan de Donald Trump en faveur des militaires, a ainsi réaffirmé son soutien au texte, "absolument vital pour notre sécurité nationale et nos troupes".

Grâces présidentielles

Donald Trump fait aussi planer la menace d'un veto au plan de soutien à l’économie de 900 milliards d'euros approuvé par le Congrès. Il met sous pression son propre camp pour que davantage d'aides soient allouées aux familles, alors que les républicains tentaient jusqu'ici de limiter le montant de ces chèques.

Le président américain a aussi fait quelques cadeaux qui ont suscité l’indignation : des grâces présidentielles accordées à ses alliés. Parmi les bénéficiaires figurent Paul Manafort, ex-directeur de campagne de Donald Trump en 2016 et son ancien conseiller Roger Stone : deux personnalités mises en cause dans l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine, lors de laquelle Trump avait été élu.

Le président sortant a aussi gracié Charles Kushner, le père de son gendre et conseiller Jared Kushner, condamné en 2004 à deux ans de prison pour des malversations fiscales.

Le président américain avait déjà annoncé mardi soir une quinzaine de grâces et cinq autres mesures de clémence, qui bénéficiaient notamment à quatre ex-agents de la société de sécurité privée Blackwater, reconnus coupables du meurtre de 14 civils irakiens en 2007 à Bagdad.

Ils avaient été reconnus coupables d'avoir ouvert le feu à la mitrailleuse et jeté des grenades sur un carrefour très fréquenté de Bagdad, alors qu'ils circulaient en véhicules blindés, un carnage qui avait suscité une indignation mondiale.

La Maison Blanche a affirmé que les quatre hommes, tous anciens militaires, avaient "un long passé de service à la nation". Mais à Bagdad, l'officier de police irakien qui a mené les enquêtes sur la fusillade a exprimé son indignation. "Je m'en souviens comme si c'était hier", a déclaré à l'AFP Fares Saadi. "Je savais que nous ne verrions pas la justice".