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Royaume-Uni : la fin, non pas des haricots, mais des pousses d'épinards…

Par Audrey Tilve
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Royaume-Uni : la fin, non pas des haricots, mais des pousses d'épinards…
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Comme chaque jour au petit matin, on s'active sur le marché de gros de New Covent Garden, à Londres. Distribuer les fruits et légumes frais venus de toute l'Europe n'attend pas. La plupart des produits qui arrivent là sont importés du continent. Et malgré l'accord commercial conclu in extremis entre Londres et Bruxelles pour éviter les droits de douane et les quotas, beaucoup d'importateurs britanniques s'interrogent sur l'avenir de leur filière.

« Le problème, c'est la distribution »

« Les produits ont été cultivés, ils sont prêts, ils ont poussé, aucun problème de ce côté, explique Vernon Mascarenhas, le directeur commercial de Nature's Choice. Le problème, c'est la distribution. Lorsqu'ils quittent nos exploitations au Portugal ou en Espagne pour venir ici, qu'ils traversent la France et arrivent à Calais. C'est là que le problèmes pourraient commencer. »

Les produits frais ont beau être transportés dans des camions frigorifiques, certains ne résisteront pas si l'entrée sur le sol britannique est ralentie.

Plus de pousses d'épinards ?

« Pour les aubergines, les concombres, les tomates, le brocoli, tout ira bien, se rassure Vernon Mascarenhas_. Mais pour les produits plus délicats, comme les salades, si le délai se prolonge au-delà de 48 ou 56 heures, nous commencerons à assister à une détérioration de l'aliment. Il faudra donc peut-être réfléchir à la suite, notamment pour les pousses d'épinards qui ont une durée de conservation vraiment très courte. Les pousses d'épinards ne tiendraient pas pendant trois jours, même dans un camion frigorifique. »_

Se préparer aux formalités

Shane Brenan représente les transporteurs de la chaîne du froid. Il tente de préparer le secteur.

« Il y a encore beaucoup de problèmes de compréhension, les entreprises de logistique cherchent à avoir des informations auprès de leurs clients », confie-t-il. L'essentiel, c'est d'avoir ce qu'il faut pour passer la frontière : toute la documentation nécessaire selon le produit transporté. »

Et d'ajouter : « S'il y a une manque de préparation, cela entraînera un retard pour le véhicule. Et s'il y a des problèmes de documentation, il sera stoppé, devra faire demi-tour, et cela provoquera une réaction en chaîne. Il n'en faut pas beaucoup pour ralentir considérablement tout le système. De petits retards pour chaque véhicule conduiront à de longs retards pour tous les autres. »

… Et faire des stocks

Les supermarchés britanniques se préparent au mieux. Pour les produits ayant une longue durée de conservation, cela se résume à faire des stocks. Le gouvernement britannique a assuré qu'il n'y aurait pas de pénuries alimentaires, mais les professionnels du secteur n'en sont pas aussi certains.

Le patron de la première chaîne de supermarchés britannique, Tesco, n'exclut pas des pénuries de produits frais pendant quelques semaines, voire peut-être quelques mois. D'autres responsables de l'industrie agroalimentaire évoquent les retards comme une certitude plutôt qu'un risque, la véritable incertitude étant leur durée.