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Polémiques et mises en scène : retour sur les premières vaccinations des politiques

Le Premier ministre grec reçoit le vaccin anti-Covid Pfizer/BioNTech
Le Premier ministre grec reçoit le vaccin anti-Covid Pfizer/BioNTech   -   Tous droits réservés  AFP
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Depuis que le remède de Pfizer/BioNTech est disponible dans certaines parties du monde, plusieurs dirigeants ont choisi de mettre en scène leur vaccination. Mais ce n'est pas le cas partout. Les questions autour de la vaccination des personnalités politiques reflète de manière intéressante le regard que portent les nations sur le vaccin et leurs dirigeants.

En Italie, une première polémique

Ainsi en Italie, la vaccination précoce du gouverneur de Campanie, la région de Naples, Vincenzo De Luca, a fait couler beaucoup d'encre. L'élu démocrate de 71 ans a été accusé d'être un "petit malin du vaccin" (furbetto del vaccino) en Une du Il Giornale ou encore d'avoir "sauté la file d'attente".

Son adversaire politique et maire de Naples, Luigi de Magistris, a qualifié sa vaccination d'"abus de pouvoir indigne". La premier concerné, De Luca, a mis en avant la nécessité de "donner l'exemple", pour lutter contre la désinformation et parvenir à vacciner la totalité de la population.

Les dirigeants Français choisissent la prudence

En France, où le niveau de confiance dans les vaccins est l'un des plus faible des pays développés, le gouvernement évite de se mettre en avant. La première vaccination ce dimanche, dans une maison de retraite de banlieue parisienne, a été diffusée à la télévision, mais sans représentant de l'Etat.

Aucun représentant de la République ne s'est en effet bousculé pour être vacciné sous les projecteurs et tous insistent sur le fait que les plus vulnérables doivent être les premiers à en bénéficier.

L'état d'esprit de certains Français a été révélé par le détournement des propos de Mauricette, 78 ans, la première Française vaccinée. Devant les caméras de BFMTV, on semble l'entendre demander, avant de recevoir la piqûre, "Ah, il faut le faire avec ça ?". Mais de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont relayé la vidéo en lui prêtant ces mots : "Ah, il faut faire un vaccin ?" indignés par l'absence présumée de consentement chez la vieille dame.

Aux Etats-Unis, sécurité nationale et Instagram

Aux États-Unis, l'actuel vice-président Pence et le président-élu Biden, ainsi que des élus du Congrès, ont déjà été vaccinés. Comme l'a expliqué l'élue Alexandria Ocasio-Cortez, la vaccination a été effectuée dans le cadre d'une mesure de sécurité nationale qui impose la "continuité de la gouvernance".

Mme Ocasio-Cortez a raconté comment se sont déroulées les heures qui ont suivi l'injection dans ses Stories sur Instagram, dans le but affirmé de sensibiliser la population américaine avec un langage simple et accessible, ne lésinant pas sur les réponses aux questions qui lui étaient adressées en direct.

Les premiers dirigeants européens vaccinés

Revenons en Europe, où en République tchèque - épargnée par la première vague de la pandémie, mais touchée par la seconde - le Premier ministre, Andrej Babis, a reçu sa dose de vaccin dès l'aube ce dimanche. Une mise en scène sagement orchestrée : assise à côté de lui, Emilie Repikova, ancienne combattante de la Seconde Guerre mondiale, a elle aussi bénéficié de la précieuse injection.

En Grèce, le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, s'est fait vacciner, déclarant que dimanche était "un grand jour pour la science et pour l'Union européenne". Katerina Sakellaropoulou, ¨la présidente du pays, a fait une allocution à la télévision pour remercier les scientifiques et les chercheurs "pour le grand cadeau de Noël". Elle a également été vaccinée à l'hôpital Evangelismos d'Athènes.

Parmi les hommes politiques qui ont été vaccinés dimanche, on trouve le ministre de la santé de Bulgarie, Kostadin Angelov. "J'ai hâte de voir mon père de 70 ans sans craindre de le contaminer", a déclaré le dirigeant.

Le président de Chypre a reçu le vaccin contre le Covid-19 lundi, en direct à la télévision. Décrivant ce vaccin comme "un cadeau de la vie", Nicos Anastasiades a remercié les scientifiques pour la découverte du vaccin et les médecins, infirmières et autres travailleurs de la santé qui ont été en première ligne ces derniers mois.

En Europe, les vaccinations ont commencé un jour plus tôt que prévu (le 27 décembre) en Allemagne, en Hongrie et en Slovaquie. C'est dans ce dernier pays que le vice-président de la Commission européenne pour les relations interinstitutionnelles de l'UE, Maroš Šefčovič, a reçu la première dose. Comme lui, la présidente du pays, Zuzana Čaputová, a également été vaccinée.

En Russie, Poutine doit recevoir sa dose

En Russie, Vladimir Poutine doit bientôt être vacciné, mais cette fois avec le vaccin russe, Spoutnik V. En août dernier, une de ses filles a participé aux essais cliniques. Le président russe est allé jusqu'à affirmer que le vaccin national n'était pas destiné aux personnes de plus de 60 ans, mais il a manifestement changé d'avis, rapporte la rédaction russe de Euronews.