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Covid-19 : fermer les écoles ou pas, les avis des gouvernements et des spécialistes divergent

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Faut-il fermer les écoles pour freiner la propagation du Covid-19 ?
Faut-il fermer les écoles pour freiner la propagation du Covid-19 ?   -   Tous droits réservés  Euronews
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La France et la Belgique ont décidé de maintenir les écoles primaires ouvertes, ce qui n'est pas le cas de l'Angleterre et de l'Allemagne. Les avis des spécialistes divergent aussi. Décryptage.

La France a décidé de maintenir ses écoles primaires et collèges ouverts en cette rentrée 2021, alors que le variant anglais du Covid-19 présenterait une contagiosité plus importante, au moins deux fois plus importante, y compris pour les jeunes de moins de 20 ans. Pour autant, ce variant ne serait pas plus dangereux.

Mais de nombreux autres pays d'Europe ont préféré fermer les écoles. C'est le cas de l'Angleterre, de l'Ecosse, de l'Allemagne, de l'Autriche, du Danemark, de la Pologne jusqu'au 17 janvier, tandis qu'en Grèce les écoles pourraient rouvrir le 11 janvier.

Fermeture en revanche partielle en Italie, où seulement 50% des cours se feront en présentiel. En Espagne, le choix va dépendre des communautés autonomes, mais la Catalogne a déjà repoussé sa rentrée de quelques jours.

Mais la France n'est pas la seule à maintenir ses écoles ouvertes : c'est aussi le cas de la Belgique, du Luxembourg et de la Suisse pour l'heure, même si le débat est lancé. Pour en parler, Antoine Flahaut, directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève est notre invité.

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Des approches qui diffèrent selon les paysEuronews

Guillaume Petit, euronews : Le ministre de l'Education a défendu un protocole sanitaire strict qui sera selon lui "plus strict que dans d'autres pays européens" et met en avant un risque de contamination qui serait plus fort en dehors du cercle scolaire qu'à l'école. A votre avis, a-t-il raison ?

Antoine Flahaut, directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève : Non, je pense qu'il a tort. Mais j'avoue que c'est contre-intuitif. En fait, toutes les données montrent que pour la grippe en particulier, ou cela a été très bien étudié, que les vacances scolaires ont un impact très puissant contre la diffusion de ces virus respiratoires hivernaux. En fait, les écoles sont des milieux confinés, mal ventilés, bondés (..) à la cantine aussi, ils (les élèves) se contaminent en masse, donc les écoles sont un haut lieu de contamination pour ces virus respiratoires hivernaux.

Guillaume Petit, euronews : **Selon vous, la solution c'est donc de fermer les écoles ?**

Antoine Flahaut, directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève :Je suis tout à fait conscient que la fermeture des écoles a un impact social, éducatif. L'école est un droit fondamental de l'enfant. Donc je ne suis pas pour la fermeture des écoles. Je pense qu'il y a un jeu à somme égal que l'on peut faire aujourd'hui en troquant des vacances estivales, qui sont les grandes vacances et qui seront cette année peut-être plus courtes, au profit de vacances hivernales plus longues, qui permettront de soulager cette épidémie en ne mettant pas les enfants dans les écoles trop longtemps cet hiver".

"Bonne idée"

Interrogé sur France info, le président du Conseil national de la pédiatrie Robert Cohen considère que la reprise des cours en présentiel est une "bonne idée". "Nous ne sommes pas dans la situation des Anglais, où l'épidémie est repartie avec une grande violence", a-t-il dit.

De son côté, le ministre français de l'Education Jean-Michel Blanquer a défendu son protocole sanitaire mis en place : il évoque un taux de contamination dans les écoles inférieur au taux global avant les vacances de Noël et a annoncé un déploiement encore plus important des tests dans les lycées. Il a également souligné l'importance de l'école sur le plan éducatif mais aussi sur les plans "physique et psychologique" pour les enfants. Mais le ministre n'a pas exclu des mesures différenciées selon les régions ou départements, selon l'évolution de la situation sanitaire.