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Suppressions de postes : grève chez Sanofi

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Suppressions de postes : grève chez Sanofi
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La grève mardi chez Sanofi est une "totale réussite" avec une mobilisation "record", a jugé la CGT, tandis que le groupe a comptabilisé "moins de 5% de grévistes" lors d'un mouvement contre les restructurations et pour des hausses des salaires.

"Les salariés ont fortement envie d'en découdre", a déclaré à l'AFP Jean-Louis Peyren, coordinateur de la CGT, l'un des syndicats organisateurs. Selon un porte-parole de la direction, interrogé par l'AFP, il y a eu "moins de 5% de grévistes sur les effectifs France de Sanofi".

Pour la CGT, qui avait appelé à des débrayages de "deux à huit heures" dans une vingtaine de sites, le mouvement est "une totale réussite". "On dépasse toutes les mobilisations qu'on a pu connaître. On a battu nos records", s'est félicité M. Peyren.

La CGT, qui avait lancé "en décembre" son appel à la grève, avant que "d'autres organisations syndicales (la) rejoignent", va "faire le point jeudi" sur cette mobilisation et examinera la possibilité d'une nouvelle grève. "Au vu du succès d'aujourd'hui (mardi), la CGT se sent prête à envisager une autre grève qui serait reconductible", a ajouté M. Peyren.

"On veut l'arrêt de la casse de l'emploi, retourner en négociations sur les salaires, une amélioration des conditions de travail avec des embauches et l'arrêt des emplois précaires en CDD ou intérim", a-t-il énuméré. "On veut que la santé revienne au centre des intérêts du groupe", alors que Sanofi "n'est pas présent sur le marché du vaccin contre le Covid", a-t-il déploré.

"Humainement intolérable"

La CFDT, qui avait aussi lancé des appels à la grève pour "réclamer des augmentations collectives" des salaires, n'avait "pas de retour" mardi de tous les sites concernant l'ampleur de la participation. Mais le syndicat avait noté "une mobilisation assez importante sur différents sites", a indiqué Florence Faure, coordinatrice CFDT.

"Sous la pression" et "dans un environnement difficile", à tous les échelons de l'entreprise, "les salariés ont travaillé comme des fous depuis des mois et des mois. Tout le monde est allé au front. Un groupe de ce niveau-là peut faire plus en termes de politique salariale. Ce n'est pas normal", a estimé Mme Faure.

La CFDT souhaite également "une stabilité" dans le groupe, "un arrêt des restructurations. A un moment, il faut que ça s'arrête, c'est humainement intolérable. Les salariés ont besoin de perspectives. Vous ne savez jamais si votre travail d'aujourd'hui sera là demain", a-t-elle critiqué.

Soulignant qu'"il est très compliqué d'organiser un mouvement dans la situation actuelle", Pascal Lopez de FO a aussi dénoncé "l'absence de perspectives dans l'entreprise" pour les salariés, "extrêmement investis dans leur travail".

Près de Lyon, quelque 200 salariés se sont rassemblés devant le site en grève de Marcy-l'Etoile. "On n'a rien à attendre de la direction. Avant de faire un vaccin, ils pensent à faire du fric. L'ADN de Sanofi, c'est donner de l'argent à ses actionnaires", a protesté Tristan Teyssier (CGT).

Alors que des négociations sur la suppression de 400 emplois dans la recherche et développement (R&D) pourraient débuter fin janvier, "ensuite on s'étonnera qu'on n'ait pas de vaccin ou de médicaments à mettre sur le marché", a relevé Brahim Aniba (FO).