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Le Covid-19 déjà présent en France dès novembre 2019 ?

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Par Vincent Coste avec AFP
Archives : test de dépistage du Covid-19 effectué dans un bâtiment de l'université de Rennes, dans l'ouest de la France, le 25 janvier 2021
Archives : test de dépistage du Covid-19 effectué dans un bâtiment de l'université de Rennes, dans l'ouest de la France, le 25 janvier 2021   -   Tous droits réservés  DAMIEN MEYER/AFP
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Une étude avance que le Covid-19 était déjà présent dans l'Hexagone, deux mois avant les premiers diagnostics "officiels". Le nouveau coronavirus pourrait donc avoir circulé en France dès novembre 2019, avant même sa détection officielle en Chine en décembre, selon des scientifiques de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Toutefois, cette étude ne permet pas d'apporter de réponse catégorique.

Ces résultats "suggèrent une circulation du SARS-CoV-2 en Europe plus précoce que ce qui a été rapporté", écrivent les auteurs de ces travaux, publiés le 6 février dans la revue European Journal of Epidemiology.

7 échantillons positifs datant de novembre 2019

Ces derniers mois, des chercheurs de différents pays ont assuré que des cas étaient passés inaperçus bien avant décembre 2019, sans pouvoir en apporter de preuve définitive. Ce genre de travaux se base essentiellement sur des analyses d'eaux usées ou des tests a posteriori d'échantillons sanguins. C'est cette dernière méthode qui a été utilisée par les chercheurs français.

Ils ont pris comme point de départ 9 144 échantillons sanguins, collectés entre le 4 novembre 2019 et le 16 mars 2020 et stockés sur la base de données "Constances", lancée en France en 2012 pour divers travaux de suivi épidémiologique.

Ils ont réalisé sur ces échantillons des tests sérologiques, pour détecter la présence d'anticorps au SARS-CoV-2, signes d'une infection passée. 353 d'entre eux étaient positifs.

Pour limiter le risque d'avoir des faux positifs, ils ont procédé à une deuxième analyse, plus pointue, afin de détecter la présence d'anticorps neutralisants.

Finalement, 44 échantillons ont été positifs aux deux tests, dont 7 datant de novembre 2019 (dont deux de la première semaine) et 3 de décembre 2019.

Outre ces analyses, onze de ces personnes ont été interrogées pour voir si elles avaient présenté des signes évocateurs du Covid-19 à l'époque du prélèvement.

Cinq ont dit avoir "présenté des signes de maladies respiratoires virales et huit avaient été en contact étroit avec des personnes qui présentaient de tels signes ou ont signalé des situations à risque d'exposition potentielle au SARS-CoV-2", selon l'étude.

"Dans plus de la moitié des cas, on a affaire à des gens qui ont voyagé ou qui ont été en contact avec des personnes ayant été malades", a expliqué mercredi au journal Le Monde l'un des chercheurs, le Pr Fabrice Carrat, de l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique (Inserm, Sorbonne Université).

Le problème des faux positifs

Pour autant, on ne peut pas être sûr à 100% que ces résultats n'ont pas été biaisés par des faux positifs, même si les chercheurs ont fait le maximum pour limiter le risque.

Cette question est "le principal problème", écrivent-ils, tout en jugeant "improbable que l'ensemble (des échantillons) soient des faux positifs".

La question de l'origine du coronavirus est sensible sur le plan géopolitique. La Chine a mis l'accent sur les études suggérant que le Covid-19 serait apparu fin 2019 dans d'autres pays. Mais la mission qu'y a envoyée l'OMS pour tenter - en vain - de percer les origines du Covid-19 a jugé mardi que ces études n'apportaient pas de preuve suffisante.

Le premier cas de Covid-19 en France, et d'Europe, avait été diagnostiqué en janvier 2020 dans le département de la Gironde. Cet habitant de Bordeaux était rentré d'un voyage à Wuhan, sa ville natale en Chine. Le premier décès imputable au nouveau coronavirus avait enregistré dans le département de l'Oise un mois plus tard.