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L'armée arménienne appelée au calme : l'ONU, l'UE et les USA demandent le respect de la démocratie

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Par euronews avec AFP, AP
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L'armée arménienne appelée au calme : l'ONU, l'UE et les USA demandent le respect de la démocratie
Tous droits réservés  Hrant Khachatryan/PAN Photo
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Les États-Unis, l'ONU, l'Union européenne, et même la Turquie et la Russie ne veulent pas d'une escalade violente en Arménie.Toute la nuit, des manifestants anti-gouvernementaux ont campé sans heurt devant le parlement à Erevan, après l'appel de l'état-major de l'armée à la démission du premier ministre Nikol Pachinian. Jusqu'ici, et ce depuis le cessez-le-feu avec l'Azerbaïdjan, seule l’opposition réclamait sa tête.

Comme les Européens, la diplomatie américaine a demandé à l'armée arménienne de rester neutre.

"Nous sommes bien sûr conscients des récents développements en Arménie. Nous suivons la situation de très près. Nous demandons instamment à toutes les parties de faire preuve de retenue et d'éviter toute escalade ou action violente. Nous rappelons à toutes les parties le principe démocratique fondamental selon lequel les forces armées des États ne doivent pas intervenir dans la politique intérieure" a déclaré Ned Price, porte-parole du Département d'Etat américain.

Ennemi et voisine d'Erevan, la Turquie a elle aussi dénoncé la tentative de putsch et la Russie a réclamé un règlement de la situation dans le calme. Le secrétariat général des Nations Unies s'est montré inquiet par la voix de son porte-parole Stephane Dujarric :

"Ce que nous voyons en Arménie nous préoccupe beaucoup. Il est très important que les deux parties restent calmes. Nous appelons à la retenue, nous encourageons également un dialogue inclusif pour apaiser les tensions et aborder les différences politiques. Cela doit être fait dans le respect total de la constitution et du processus démocratique".

Le chef du gouvernement arménien est depuis des semaines sous la pression de l'opposition et de manifestations récurrentes, à cause de la défaite militaire de l'Arménie face à l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh. Jusqu'ici, il avait le soutien de l'état-major. A la fin de la guerre, celui-ci et Nikol Pachinian avaient accepté les conditions d'un cessez-le-feu négocié par Vladimir Poutine et qui impliquaient d'importantes pertes de territoires sous contrôle arménien depuis les années 1990.

Après le conflit, l'essentiel de la région séparatiste arménienne du Haut Karabakh a survécu, mais l'Arménie a notamment perdu la ville symbolique de Chouchi, ainsi qu'un glacis de territoires entourant la région. Le cessez-le-feu a été vécu comme une humiliation nationale.

Aujourd'hui, le principal parti d'opposition Arménie prospère estime que le premier ministre Nikol Pachinian a une "dernière chance" de partir, sans "pousser le pays vers la guerre civile".