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Guerre du Haut-Karabakh : une Arménie esseulée face à Bakou et Ankara

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Le conflit du Haut-Karabakh trouve ses racines en 1921, lorsque la région majoritairement arménienne a été attribuée arbitrairement à l'Azerbaïdjan par le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, alors présidé par Staline.

Ankara soutient Bakou, Moscou se pose en médiateur

À la chute de l'Union soviétique, les Arméniens récupèrent ce territoire à l'issue d'une guerre sanglante entamée en 1988. Le cessez-le-feu de 1994 aura tenu jusqu'au 27 septembre dernier, date de l'offensive militaire de Bakou.

Dès le début de la guerre, la Turquie a soutenu l'Azerbaïdjan en assurant, au même titre qu'Israël, la livraison de drones de combats, déterminants dans ce conflit.

L'Arménie, pour sa part, n'a pas obtenu le soutien de Moscou, la Russie se posant en médiateur et se disant prête à intervenir seulement si les combats venaient à s'étendre au territoire même de la République d'Arménie. Les deux Etats sont effectivement liés par un traité de sécurité collective.

Après un mois et demi de guerre, et plus de 4000 morts selon les estimations, un accord négocié par la Russie signé le 9 novembre prévoit la restitution de plusieurs districts à l'Azerbaïdjan par Erevan. L'Arménie, perdante, concède aussi un droit de passage sur son territoire, permettant de relier la région du Nakhitchevan au reste de l'Azerbaïdjan. Le texte organise par ailleurs le déploiement de soldats de paix russes dans la région, qui font office de force d'interposition.

Nikol Pachinian, accusé de trahison

Des protestations ont été organisées en Arménie depuis la signature de cet accord, pour réclamer le départ du Premier ministre Nikol Pachinian, accusé d'avoir trahi la patrie, le Haut-Karabakh étant une terre historiquement arménienne et vitale pour la survie identitaire du peuple arménien.

D'après Erevan, environ 90 000 arméniens ont dû quitter le Haut-Karabakh dans la précipitation pour se réfugier en Arménie, certains préférant brûler leurs maisons plutôt que de les laisser aux azéris.

Maltraitance de prisonniers arméniens et armes au phosphore

Depuis la signature du cessez-le-feu, des prisonniers de guerre arméniens ont fait l'objet de sévices physiques de la part de soldats azerbaïdjanais. Human Right Watch a condamné ces maltraitances et a appelé les autorités de Bakou à traduire les responsables en justice.

Faisant l'état de violences et d'humiliations documentées, l'ONG souligne que dans la plupart des vidéos, les visages des soldats azerbaïdjanais sont visibles, "ce qui suggère qu’ils ne craignaient pas d’être tenus pour responsables de tels actes".

Des armes prohibées contenant du phosphore auraient également été utilisées lors des combats, des journalistes de l'AFP ayant vu dans un hôpital d'Erevan, des militaires arméniens blessés présentant des brûlures potentiellement causées par des armes au phosphore azerbaïdjanaises.

"Des preuves abondantes" de l'utilisation de ces armes par l'Azerbaïdjan ont été réunies, d'après le défenseur des droits du Haut-Karabakh Artak Beglarian. Des accusations démenties par le ministre azerbaïdjanais de la défense.