DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Crash du Rio-Paris : vers un procès pour Air France et Airbus ?

euronews_icons_loading
Photo d'illustration prise le 2 juin 2009 à l'aéroport de Rio, au Brésil
Photo d'illustration prise le 2 juin 2009 à l'aéroport de Rio, au Brésil   -   Tous droits réservés  Ricardo Moraes/Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved.
Taille du texte Aa Aa

Y aura-t-il un jour un procès d'Air France et d'Airbus pour le crash du vol Rio-Paris en 2009 ? C'est la question que la cour d'appel de Paris sera amenée à trancher dans les prochaines semaines. Le parquet et les familles des victimes vont tenter ce jeudi de la convaincre d'annuler le non-lieu accordé à la compagnie aérienne et au constructeur il y a deux ans..

1er juin 2009. l'Airbus A330 qui reliait Rio de Janeiro à Paris s'abîme au milieu de l'océan Atlantique. Selon les expertises, le givrage des sondes de vitesse Pitot est l'élément déclencheur. Leur obstruction par des cristaux de glace conduisent à un dérèglement des mesures de vitesse.

Le pilotage automatique ne se déclenche pas. Les pilotes sont désorientés, l'écart de trajectoire est trop important. Résultat, l'appareil décroche et plonge pendant 3 longues minutes. A bord, 228 passagers et membres d'équipage qui décèdent sur le coup. C'est la plus grande catastrophe de l'histoire d'Air France.

Mais des facteurs humains seraient également en cause. Le BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile) avait relevé des actions _"inappropriées" des pilotes _aux commandes.

Airbus et Air France sont mis en examen pour "homicides involontaires" en 2011. Mais en août 2019, après dix ans d'enquête et de bataille d'experts, les juges mettent fin aux poursuites. Selon eux, il n'était pas possible de caractériser un manquement fautif d'Airbus ou d'Air France.

Une décision qui avait suscité la colère des familles des victimes. Mais le parquet général va cette fois dans le sens des parties civiles et s'est prononcé en faveur d'un procès contre les deux entreprises.

Le ministère public considère que la compagnie a "commis une négligence et une imprudence" en ne délivrant pas à ses pilotes suffisamment d'informations sur la procédure à adopter en cas d'anomalies. Les sondes fabriquées par le français Thales avaient déjà donné lieu à des incidents les mois précédents.

Elles avaient d'ailleurs été remplacées par d'autres sur toute la flotte Air France après le crash du vol Rio-Paris. La compagnie Air France avait quant à elle pointé du doigt les constructeurs Airbus et Thales.

Un éventuel nouveau procès permettrait alors de lever les zones d'ombres et rebattre les cartes de la responsabilité du crash, qui n'a, pour l'heure, été attribuée à personne.