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A Louhans, auprès des soignants qui ont craqué

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Par euronews
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Ces soignants viennent ici parce qu'il on'ont plus le choix. Ils viennent se ressourcer, réapprendre à vivre après un épisode de burn-out. Couper avec le quotidien qui les a éreintés en particulier pendant la pandémie de Covid-19. Cette assistante de soins en gériatrie raconte les journées marathon, la difficulté de s'habituer à la mort au quotidien en pleine crise sanitaire. Prise dans une spirale dont elle ne pouvait plus s'échapper, Virginie s'est peu à peu coupée de sa famille, de ses amis et des activités qui lui tenaient à coeur.

"_Le Covid a aggravé une situation qui était déjà catastrophique. On (les soignants, ndlr) n’est pas entendus de toute façon, on nous promet des choses, au final qu’est-ce qu’on a ? Rien. On nous demande de travailler, voilà. Et d’être là surtout. Moi quand j’ai commencé, on nous disait' est-ce que vous pouvez venir remplacer'. Maintenant c’est 'il faut' _", explique Virginie, assistance de soins psychiatriques en gériatrie.

Et puis il y a eu la première vague, la deuxième vague et ses morts au quotidien. Dans le service de Virginie, neuf morts en deux jours la deuxième semaine de novembre, une épreuve très difficile.

La honte de se sentir vulnérable

"I_l y a eu les traumatisés de la première vague. Il y a un geste et une image que j’ai souvent entendu, c’est 'tous ces sacs qu’il fallait fermer'. Ça, ça revient super souvent. Il faut un certain recul entre les vagues pour que les gens soient mal et craquent. C’est-à-dire qu’ils ne craquent pas tout de suite au début de la première vague, ils ont craqué en été. Ils ont pas craqué tout de suite au début de la deuxième vague, mais plutôt fin de l’hiver, début de cette année, parce que les gens tiennent",_ explique la psychiatre Agnès Oelsner.

Ils tiennent parce que leur vocation est de soigner et que nombres d'entre eux éprouvent de la honte à sentir vulnérable.

Dans cette clinique, la première consacrée à la santé mentale pour les professionnels de santé, les rôles s'inversent. Peu à peu ces soignants reprennent des forces, un appétit de vivre pour de nouveau à leur tour, se consacrer aux plus vulnérables.