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Antonio Sena raconte ses 38 jours de survie dans la forêt amazonienne

Par Anne Devineaux avec AFP
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Antonio Sena raconte ses 38 jours de survie dans la forêt amazonienne
Tous droits réservés  AFP
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Secouru au milieu de la jungle amazonienne, après 38 jours d'errance. Un pilote Brésilien dont l'avion est tombé en panne raconte son incroyable périple. Fin janvier, après une avarie moteur, il parvient à poser son Cessna 210 en catastrophe dans une clairière. Il s'extrait indemne de l'appareil. Durant cinq jours, il entendra les hélicoptères de secours à sa recherche. Mais vue du ciel, Antonio Sena reste invisible.

"J'étais dévasté émotionnellement quand j'ai réalisé que les opérations de recherche étaient terminées. C'est la seule fois, où j'ai pensé que je n'allais pas m'en sortir, que j'allais mourir", raconte-t-il depuis chez lui à Brasilia.

28 km d'errance à la merci des prédateurs

Il parvient à prendre avec lui, le minimum vital, un peu d'eau, du pain, un couteau, une lampe et des briquets. En plus d'un mois, il va parcourir 28 kilomètres au cœur de la forêt dans une réserve protégée de l'Etat du Para, à la merci des prédateurs, jaguars, caïmans et autres anacondas.

Pour se nourrir, il choisit les fruits mangés par les singes. Ses seules rations de protéines : des œufs de tinamou à gorge blanche, une sorte de poule d'eau d'Amazonie. Il traverse aussi bien des marécages que des forêts à la végétation extrêmement dense.

Je n'avais jamais été dans une zone où la forêt est si vierge, si intacte
Antonio Sena
pilote rescapé

"Je n'avais jamais été dans une zone où la forêt était si vierge, si intacte. Et là ce que j'ai découvert c'est que l'Amazonie, ce n'est pas une seule forêt mais ce sont quatre ou cinq forêts qui se mêlent", explique-t-il.

Sauvé par des cueilleurs de noix

Ce natif de la région amazonienne, de Santarem dans l'état du Para, s'était résolu pour des raisons financières à travailler pour des orpailleurs illégaux qui polluent les fleuves au mercure. Son vol était destiné à les ravitailler. C'est finalement une famille vivant de la cueillette de noix qui va le sauver. L'épilogue d'une odyssée, comme un signe pour lui.

"J'ai été trouvé précisément par une famille de cueilleurs de noix. Ce sont des personnes qui vivent en harmonie avec la nature, des gens qui ne font en aucune façon du mal à la forêt. Ils vivent en communauté, c'est magnifique. Ça a été magique pour moi", dit-il.

Antonio a perdu 25 kilos dans cette aventure. Mais il en retient dit-il une grande leçon de vie. Pour lui une chose est certaine, il ne travaillera plus jamais pour des orpailleurs.