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Reporters sans frontières alerte : le journalisme entravé dans 130 pays, le Covid-19 a un impact

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Khaled Drareni, le cas emblématique des entraves à la liberté de la presse en Algérie et dans le monde en 2020
Khaled Drareni, le cas emblématique des entraves à la liberté de la presse en Algérie et dans le monde en 2020   -   Tous droits réservés  Toufik Doudou/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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La liberté d'informer est entravée "totalement ou partiellement dans 73% des pays du monde" : c'est le chiffre édifiant mis en exergue ce mardi par Reporters Sans frontières (RSF), qui a révélé son classement 2021 sur la liberté de la presse dans le monde. 73% des 180 pays évalués par l'ONG sont classés en orange, rouge ou noir, ce qui correspond à une situation "problématique", "difficile" ou "très grave".

Et le Covid-19 a "exacerbé" des entraves qui existaient déjà selon RSF, qui parle d'une "fermeture des accès" au terrain dans de nombreux pays, à cause de la crise sanitaire, même si celle-ci apparaît aussi parfois comme un prétexte, alerte l'ONG.

Certains pays présentent une situation plutôt positive. En haut du classement, la Norvège conserve la première place pour la cinquième année consécutive, devant la Finlande et la Suède, redevenue troisième au détriment du Danemark (4ème, -1). Suivent le Costa Rica puis les Pays-Bas.

Le Portugal est ensuite le premier pays du sud de l'Europe à apparaître dans le classement. En 2020, le gouvernement avait acheté 15 millions d’euros de publicités pour soutenir les médias pendant la crise.

Globalement, l’Europe et l’Amérique restent les continents les plus favorables à la liberté de la presse, mais les violences envers les journalistes ont plus que doublé au sein de l'Union européenne et des Balkans, rapporte RSF.

L'Allemagne (13ème) perd deux places par rapport à 2019. Signe des tensions qui règnent avec la crise sanitaire, des dizaines de journalistes ont été agressés par des manifestants lors de rassemblements contre les restrictions.

Le Luxembourg (20ème) perd de son côté trois places et la Grèce recule de 5 rangs pour tomber à la 70ème place. RSF relève notamment en Grèce une entrave au travail des journalistes qui couvrent l'actualité lié à la situation des migrants, notamment sur l'île de Lesbos.

Les manifestations contre la loi sécurité globale ont également fait parler en France. Un article prévoyait de limiter la possibilité de filmer les policiers en opération. Il a suscité une vive opposition des journalistes. Malgré ces tensions, la France reste stable à la 34ème place.

Ailleurs, la Slovaquie, la Slovénie, la Pologne et le Bélarus - où internet a été bloqué à plusieurs reprises - reculent.

La Hongrie (92ème) régresse également dans le classement (-3 places) et inquiète particulièrement : de nombreux médias indépendants y sont censurés, à l'image de la radio indépendante Klubradio, qui s’est vu retirer sa licence par le Conseil des médias.

L'information sur le coronavirus y est "bloquée", notamment par la législation d'urgence instaurée depuis mars 2020 par le gouvernement de Viktor Orban, qui punit "la diffusion de fausses informations".

Dans le reste du monde, les États-Unis gagnent une place, "même si la dernière année du mandat de Donald Trump s'est caractérisée par un nombre record d'agressions (près de 400) et d'arrestations de journalistes (130), selon un groupe de défense de la liberté de la presse.

En revanche, les indicateurs sont au rouge en Amérique Latine : - 4 places pour le Brésil (111ème), où l’accès aux informations concernant la pandémie a été entravé par le gouvernement de Jair Bolsonaro, qui multiplie les attaques contre la presse. L'Argentine enregistre une baisse de 5 places.

Et puis au Moyen-Orient, RSF souligne que les pays les plus autoritaires comme l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Syrie ont renforcé le musellement de la presse à la faveur de la crise sanitaire.

En Iran (174e, -1), les autorités ont "multiplié les condamnations de journalistes pour mieux minimiser le nombre de décès liés" au Covid-19. L'Egypte (166e), elle, interdit "la publication de chiffres sur la pandémie autres que ceux du ministère de la Santé".

Signe que la pandémie n'a pas permis de réduire les risques, malgré la réduction des déplacements, 50 journalistes ont été tués dans le monde en 2020 - un chiffre quasi stable par rapport à 2019, et près de 400 autres ont été emprisonnés.