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Traité UE-Mercosur bientôt scellé ? Bruxelles multiplie les gestes envers Paris et Rome

Un agriculteur français conduit son tracteur pour bloquer une route principale lors d'une manifestation contre l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, jeudi 18 décembre 2025.
Un agriculteur français conduit son tracteur pour bloquer une route principale lors d'une manifestation contre l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, jeudi 18 décembre 2025. Tous droits réservés  Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Vincenzo Genovese & Peggy Corlin
Publié le Mis à jour
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De l'argent "rapide" à l'allègement des droits de douane, la Commission fait des propositions sur mesure pour la France et l'Italie, dans l'espoir de ratifier l'accord avec le Mercosur. Les deux pays sont confrontés à des débats nationaux houleux et à de nouvelles manifestations agricoles.

La Commission européenne multiplie les concessions envers les agriculteurs européens pour pouvoir fixer une date de signature de l'accord commercial avec le Mercosur.

Qu'il s’agisse de débloquer des fonds supplémentaires ou d'assouplir la réglementation, la Commission répond aux demandes des principaux pays faisant encore obstacle : l'Italie et la France, qui ont présenté une liste d'exigences avant de s'engager dans l'accord. Rome se montre prête à signer rapidement, tandis que Paris reste prudent à l’approche d'une semaine de manifestations annoncées par les agriculteurs français.

Mercredi, la Commission a accepté de suspendre rétroactivement, à compter du 1er janvier, la taxe carbone européenne sur les engrais, conformément aux demandes des deux pays et des agriculteurs, qui estimaient que cette taxe les désavantagerait en termes de coûts de production.

Cette annonce intervient un jour après que la Commission a également accepté de débloquer des fonds anticipés pour les agriculteurs, conformément aux demandes italiennes.

"Les préoccupations des agriculteurs ne sont pas une considération secondaire dans notre politique commerciale", a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, après l'annonce, ajoutant : "Ils sont essentiels pour l'Europe."

Les responsables français et italiens craignent que le secteur agricole de leur pays ne soit exposé à une "augmentation significative" du coût des engrais importés dans l'UE, dont les prix devraient bondir d'environ 25 % en raison des nouvelles taxes.

Dans une lettre publiée mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis aux agriculteurs un accès à 45 milliards d'euros issus du budget de la politique agricole commune (PAC) dès 2028.

"Pour l’Italie, cela signifie disposer de davantage de ressources pour l'agriculture dans le prochain budget septennal, par rapport à l'actuel", a déclaré mercredi le ministre italien de l'Agriculture, Francesco Lollobrigida, aux journalistes.

Meloni détient la clé pour sceller l’accord du Mercosur

Les dernières décisions de la Commission ont convaincu l'Italie de soutenir l'accord commercial.

La position de Rome reste cruciale, car l'accord nécessite une majorité qualifiée des États membres pour être approuvé. Un délai demandé par la Première ministre, Giorgia Meloni, en décembre dernier avait fait dérailler la signature initialement prévue pour la fin de l’année.

Aujourd’hui, les conditions semblent réunies, a suggéré Lollobrigida mercredi, avant la réunion avec ses homologues.

"Si la Commission confirme ses engagements, l'Italie soutiendra l’accord", a-t-il déclaré aux journalistes. En théorie, cela faciliterait la signature, que des pays comme l'Allemagne et l'Espagne cherchent à sécuriser juridiquement dès ce mois-ci.

Alors que l'Italie signale sa volonté d'avancer, la France reste la plus réticente. Même si la Commission exerce des pressions pour obtenir l'accord, les diplomates admettent qu'il ne peut être imposé au gouvernement français sans un récit politique permettant à Paris de le soutenir.

Le gouvernement français et Emmanuel Macron font face à une profonde crise agricole qui pourrait se traduire par des manifestations à Paris jeudi, au moment même où la présidence chypriote de l'UE envisage de programmer un vote sur l'accord à Bruxelles vendredi.

Mercredi, dans un effort supplémentaire pour apaiser les agriculteurs, la France a suspendu les importations de produits agricoles contenant des résidus de pesticides interdits dans l'UE. Cette mesure doit encore recevoir le feu vert de la Commission.

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