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Covid-19 à Naples : une tradition séculaire "à vendre"

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Covid-19 à Naples : une tradition séculaire "à vendre"
Tous droits réservés  Luca Palamara
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Une groupe de commerçants napolitains tire la sonnette d'alarme : l'artisanat des crèches de Noël, appelées "presepe", est menacé par l'absence des touristes depuis le début de la pandémie. Toute l'activité d'une rue emblématique de la ville est en sursis.

La fameuse rue San Gregorio Armeno de Naples est "à vendre". C'est en tout cas ce qu'on peut lire sur les pancarte des artisans qui manifestent pour demander de l'aide, en ce jour de réouverture. Une tradition séculaire disent-ils, risque de disparaître à jamais. Celle des crèches de Noël.

La ruelle, située dans le cœur historique de la ville du sud de l'Italie, est mondialement célèbre pour la production de ces petites statues représentant les scènes de la Nativité. Elles sont appelées "presepe" et décorent les maisons des familles chrétiennes dans les derniers jours de l'année.

Ici, cette tradition se transmet de générations en générations. Mais depuis le premier confinement de mars 2020, les artisans luttent pour survivre. Après des semaines de fermeture forcée, les boutiques viennent de rouvrir, mais ce n'est pas suffisant, selon Serena D'Alessandro, de l'Association "Ateliers de San Gregorio Armeno" :

"Il est clair que ces cinq semaines de fermeture ont gravement limité notre travail, mais la réouverture a elle-même ses limites, car il n'y a pas de touristes ici. La rue de San Gregorio Armeno vit du tourisme et sans tourisme, cela ne fait aucune différence que nous soyons ouverts ou fermés, car les recettes sont au plus bas."

"Notre tradition cesserait d'exister"

Habituellement, cette rue au cœur de Naples est bondée de touristes et de visiteurs, à Noël, mais aussi à tout moment de l'année. Or en ce premier jour de réouverture, la rue est vide. Beaucoup de ces artisans disent qu'ils ne pourront pas se maintenir à flot et qu'ils pourraient être contraints de vendre leur boutique.

Certains prédateurs financiers ont déjà fait leurs offres aux artisans les plus désespérés. Des entreprises du nord de l'Italie et des magasins chinois rêvent de transformer cette rue en tout autre chose.

"Si ce n'est qu'un seul de ces ateliers baisse le rideau et se vend à un autre type d'activité, qui n'a rien à voir avec notre tradition, ce serait une grande défaite collective", assure Gabriele Casillo - Président de l'association des "Ateliers de San Gregorio Armeno". "Car cela pourrait se répandre comme une traînée de poudre et notre tradition cesserait d'exister."

L'une des solutions évoquée est de faire protéger les "presepe" par l'UNESCO. Une autre est de transformer le centre historique de Naples en une "zone sans Covid", où tous les résidents sont vaccinés et les touristes ne peuvent entrer que sous présentation d'un justificatif sanitaire.

La balle est dans le camp des autorités locales et nationales, alors que la levée progressive des restrictions débute lundi prochain en Italie.