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Somalie : le président fait machine arrière et annonce des élections

Par euronews avec AFP
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Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed
Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed   -   Tous droits réservés  AP Photo
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Il avait déclenché la fureur de l'opposition en prolongeant de deux ans son mandat.

Le président somalien fait machine arrière et charge son Premier ministre d'organiser des élections libres et équitables dans les meilleurs délais. Une sortie de crise que Mohamed Abdullahi Mohamed a lui même annoncé devant les députés au cours d'une allocution télévisée. C'était l'une des principales revendications de l'opposition.

"Je veux féliciter tout le peuple somalien, en particulier ceux qui ont reconnu que la prolongation était une menace pour la sécurité de notre pays ainsi que pour les intérêts du peuple et de la nation. Je remercie le Premier ministre, les dirigeants des États Galmudug et Hirshabelle qui se sont opposés à une prolongation de deux ans et ont forcé le président sortant à se retirer" indique Abdirahman Odowa, député sortant.

Le président s'est placé dans le cadre d'un accord conclu le 17 septembre entre le gouvernement fédéral et les cinq Etats semi-autonomes du pays, comme le lui demandaient ses opposants et plusieurs pays partenaires.

Cet accord prévoit l'organisation d'élections selon un système indirect, similaire à celui adopté en 2017, où des délégués spéciaux choisis par de multiples chefs de clans élisent les parlementaires, qui votent ensuite pour le président.

Prochaine étape : des négociations entre les acteurs politiques somaliens.

L'objectif est double : organiser des élections et mettre fin à l'une des pires crises politiques que connaît la Somalie.

Les tensions se sont accrues quand le mandat présidentiel a expiré sans qu'aucun autre scrutin ne soit organisé.

En prolongeant son mandat, le président sortant à mis le feu aux poudres provoquant des affrontements armés entre forces gouvernementales et pro-opposition à Mogadiscio; trois personnes ont été tuées dimanche dernier.

L'élection du président Farmajo en 2017 avait suscité beaucoup d'espoir dans la population, qui voyait en lui un dirigeant soucieux de lutter contre la corruption et déterminé à lutter contre les shebab.

S'il a adopté une posture nationaliste forte durant son mandat, jusqu'à rompre les relations diplomatiques avec le Kenya et s'attirer ainsi la sympathie d'une partie de la population, le président s'est aussi fait beaucoup d'ennemis.

Partisan d'un Etat centralisé fort, il a tenté d'influer sur plusieurs élections dans les Etats semi-autonomes du pays pour y placer ses alliés. La prolongation de son mandat votée par le parlement a été perçue par beaucoup comme un passage en force pour se maintenir au pouvoir.

Par ailleurs, les shebab n'ont pas été particulièrement inquiétés pendant son premier mandat, malgré les déclarations martiales faites après son arrivée au pouvoir.

Et le gouvernement de Mogadiscio ne contrôle toujours qu'une faible portion du territoire national, avec l'aide cruciale des quelque 20.000 hommes de la force de l'Union africaine dans le pays (Amisom).