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En Israël, l'escalade de la violence et le spectre d'une "guerre civile"

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En Israël, l'escalade de la violence et le spectre d'une "guerre civile"
Tous droits réservés  Hatem Moussa/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Israël est confronté jeudi à une escalade du conflit sur deux fronts, s'efforçant de réprimer les émeutes entre Arabes et Juifs dans ses rues, après plusieurs jours d'échanges de tirs meurtriers avec des militants palestiniens du mouvement islamiste Hamas à Gaza.

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a ordonné jeudi des renforts "massifs" au sein des forces de sécurité dans les villes mixtes israéliennes, où vivent Juifs et Arabes.

En dépit des appels à la désescalade de la communauté internationale et des efforts diplomatiques pour mettre un terme à la spirale de la violence, des centaines de roquettes ont à nouveau été tirées dans la nuit vers Israël depuis la bande de Gaza, où les frappes de l'armée israélienne ont continué.

Le Hamas a fait état jeudi de 16 nouveaux morts dans des raids sur ce micro-territoire sous blocus israélien qu'il contrôle, portant à 83 le nombre de Palestiniens tués depuis le début des hostilités il y a quatre jours.

En Israël, sept personnes ont été tuées, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et des centaines ont été blessées dans les tirs de roquettes.

Les affrontements entre Israël et le Hamas ont débuté lundi après des semaines de tensions israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est, qui ont culminé avec des heurts sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, dans cette portion de la Ville sainte illégalement occupée et annexée par Israël, selon le droit international.

Depuis lundi, l'armée israélienne a indiqué avoir mené 600 frappes sur la bande de Gaza, tandis que le Hamas a tiré plus de 1600 roquettes vers Israël.

Cinq personnes ont été blessées dans la nuit quand une roquette tirée depuis la bande de Gaza s'est abattue dans un complexe résidentiel près de Tel-Aviv, selon les secouristes israéliens.

Interrogé sur l'éventualité d'une invasion terrestre, le porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus, a déclaré à des journalistes que des unités étaient "prêtes" et mentionné des "préparatifs d'opérations au sol à des stades différents".

Violences inter-communautaires

Les bombardements aériens coïncident avec une recrudescence de la violence entre Arabes et Juifs en Israël. Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a déclaré à l'AFP que la violence se situait à un niveau jamais atteint depuis des décennies.

Des centaines de personnes ont manifesté dans la ville arabe de Kafr Kassem, dans le centre d'Israël, brûlant des pneus et incendiant des véhicules de police, a-t-il ajouté.

Près de 1000 membres de la police des frontières ont été appelés à intervenir pour faire face à ces violences et plus de 400 personnes ont été arrêtées depuis lundi.

Mercredi soir, des groupes d'extrême droite israéliens sont descendus dans les rues à travers le pays, affrontant les forces de sécurité et des Arabes israéliens.

Face à l'intensification du conflit, une troisième réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, publique cette fois-ci, est attendue vendredi.

Lors des deux premières visioconférences, tenues à huis clos, les Etats-Unis se sont opposés à l'adoption d'une déclaration commune pour faire arrêter les affrontements, la jugeant "contre-productive" à ce stade, selon des diplomates.

La dernière confrontation entre Israël et le Hamas remonte à l'été 2014 dans l'enclave minée par le chômage et la pauvreté. Le conflit avait duré 50 jours, ravagé le micro-territoire et fait au moins 2.251 morts du côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats.