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Nouvelle nuit de pilonnage de Gaza par Israël, après un dimanche sanglant

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Nouvelle nuit de pilonnage de Gaza par Israël, après un dimanche sanglant
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En quelques minutes, les explosions ont à nouveau retenti dans le ciel noir de Gaza dans la nuit de dimanche à lundi. Une nouvelle série de frappes menée par Israël. L'aviation israélienne assure qu'elle visait des cibles terroristes.

"Il n'y a jamais eu de frappes d'une telle ampleur", a témoigné Mad Abed Rabbo, 39 ans, qui vit dans l'ouest de la ville de Gaza, faisant part de son "horreur, peur".

Une nouvelle nuit d'angoisse au terme d'une journée de dimanche qui aura été la plus sanglante depuis le début des violences entre Isra¨el et la bande de Gaza : 42 Palestiniens ont perdu la vie en une journée à Gaza dont de nombreux enfants.

Dimanche, l'aviation israélienne a bombardé le domicile du chef du Hamas, Yahya Sinouar. Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe mais on ignore le sort du chef du Hamas.

Après une semaine de confrontation qui a coûté la vie à plus de 200 personnes dans les deux camps, en très grande majorité côté palestinien, et un nombre important d'enfants, Israël ne montrait aucun signe d'accalmie.

Le Premier ministre israélien Benyamin Nethanyahou a même prévenu que l'opération en cours allait encore prendre du temps. "Notre combat contre l'organisation terroriste se poursuit avec toute sa force. Nous faisons payer très cher au Hamas son agression insupportable", a-t-il déclaré.

La tension se faisait toujours sentir aussi dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. C'est ici que l'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs a mis le feu aux poudres il y a plus d'une semaine.

Les tensions se sont depuis propagées depuis à plusieurs villes mixtes, où vivent Juifs et Arabes israéliens. Et les tensions locales ont dégénéré en un conflit global. Le plus meurtrier depuis la dernière grande confrontation de 2014 : 197 Palestiniens ont été tués en tout, dont au moins 58 enfants, et 1 200 personnes ont été blessées depuis lundi dernier.

De leur côté, les groupes armés palestiniens ont tiré plus de 3 000 roquettes vers Israël ; "le plus grand nombre jamais tiré sur le sol israélien", selon l'armée israélienne. La majeure partie d'entre elles ont été interceptées par le bouclier antimissile Dôme de Fer, mais on dénombre côté israélien 10 morts dont un enfant, et plus de 280 blessés depuis le début des violences.

Pas d'unanimité au Conseil de sécurité de l'ONU

Face à cette confrontation meurtrière, la communauté internationale semble bien impuissante. Le Conseil de sécurité de l'ONU tenait sa troisième réunion d'urgence dimanche.

Une réunion virtuelle au cours de laquelle le ministre palestinien des Affaires étrangères Riad Al-Malki a accusé les Occidentaux de ne pas s'émouvoir plus que ça du sort des habitants de Gaza. "Combien faudra-t-il de civils palestiniens tués pour une condamnation ? Nous savons qu'un seul Israélien c'est suffisant. Mais combien de Palestiniens ?!", a-t-il demandé.

Riyad Al-Maliki a également accusé Israël de "crimes de guerre", dénonçant "l'agression" de l'Etat hébreu contre "le peuple" palestinien et ses "lieux saints".

"Le Hamas a choisi d'accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre" qui a été "préméditée", a rétorqué l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis et à l'ONU, Gilad Erdan.

La violence "a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d'encourager davantage l'extrémisme", a de son côté alerté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'ouverture de la réunion d'urgence.

Mais celle-ci n'a débouché sur aucune proposition commune pour tenter d'obtenir un rapide cessez-le-feu. Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les Etats-Unis continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe.