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En Grèce, on n'abat pas les visons, touchés par le Covid-19

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Un vison dans un élevage
Un vison dans un élevage   -   Tous droits réservés  Cleared
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En novembre dernier, le Danemark a annoncé l'abattage de ses 17 millions de visons afin de prévenir la propagation du Covid-19 et son éventuelle transmission à l'homme. Des abattages massifs ont également eu lieu aux Pays-Bas et en Espagne. Mais dans certaines régions de Grèce, un autre acteur clé de l'industrie de la fourrure en Europe, les choses sont différentes.

"Nous avons été très surpris que ces animaux soient si sensibles au virus, explique Nicole Bauduin, éleveuse. Les gens ont immédiatement porté des masques, se sont nettoyés les mains. Ils ne travaillaient pas à deux dans le même hangar. Et maintenant, tous les éleveurs de visons sont vaccinés".

L'élevage de visons joue un rôle essentiel ici, puisque les quelque 80 fermes de la région emploient 1 300 personnes. La ferme de Nicole n'a pas encore été infectée, mais au moins 21 autres dans les environs l'ont été. En Grèce les animaux malades ne sont pas abattus ; ils restent isolés sous étroite surveillance vétérinaire.

_ "__Nous savons que l'animal malade peut développer une immunité,_ affirme la vétérinaire Zoi M. Thomou. Après un certain temps, le virus n'est même plus là. Mais c'est quelque chose qui doit faire l'objet de plus de recherches pour être sûr".

Pourquoi ce choix de ne pas abattre les animaux ? Parce que l'industrie de la fourrure est le deuxième plus gros employeur de la région.

Mais pour les groupes de défense des animaux, opposés aux fermes à fourrure, la pandémie de Covid-19 fait souffrir davantage les bêtes. Nous rencontrons Stavros Karageorgakis, chercheur à l'université Aristote de Thessalonique, en visite dans un refuge.

_ "Avec la pandémie, les conditions de confinement de ces animaux sont encore pires. Ils ne peuvent tout simplement pas éviter de contracter le virus car ils sont enfermés dans de petites cages. Deuxièmement, dans la nature, ils auraient pu développer une immunité par d'autres moyens, mais à l'intérieur des cages, ils ne le peuvent malheureusement pas"._

Les exportations de fourrure de la Grèce rapportent environ 70 millions d'euros par an.

Journaliste • Laurence Alexandrowicz