DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Crise diplomatique avec le Bélarus : l'Organisation de l'aviation civile internationale se réunit

euronews_icons_loading
Alexandre Loukachenko, Minsk, 26 mai 2021
Alexandre Loukachenko, Minsk, 26 mai 2021   -   Tous droits réservés  Sergei Shelega/BelTA
Taille du texte Aa Aa

Subterfuge pour arrêter un journaliste d'opposition ou réelle alerte à la bombe ? Les Européens, les Américains et l'opposition bélarusse se sont déjà fait leur opinion sur le détournement d'avion de ligne par Minsk.

Cependant, lors du conseil de sécurité de l'ONU, Bruxelles et Washington ont appelé à une "enquête urgente" de l'Organisation de l'aviation civile internationale. L'organisation de l'aviation civile internationale dépend de l'ONU et siège à Montréal. Elle se réunit ce jour, mais elle n'a toutefois aucun pouvoir de sanctions.

"Nous allons intensifier nos efforts, notamment par une coordination de nos politiques de sanctions, pour faire en sorte que les autorités bélarusses assument la responsabilité de leurs actes. Nous condamnons pleinement cet acte comme une nouvelle tentative flagrante des autorités bélarusses de faire taire toutes les voix de l'opposition", a expliqué Sven Jurgenson, ambassadeur de l'Estonie auprès des Nations unies lors de la réunion du conseil de sécurité.

En attendant, la Pologne vient elle aussi d'interdire aux compagnies aériennes bélarusses d'entrer dans son espace aérien. C'était le dernier des 27 États-membres à le faire. La Pologne partage une longue frontière avec le Bélarus et son interdiction va gravement affecter les vols bélarusses vers l'Europe occidentale.

Les Européens et Washington ont aussi encore appelé Minsk à libérer le journaliste d'opposition Roman Protassevitch et sa compagne Sofia Sapega. Ils ont tous deux été interpellés dimanche dernier, à l'aéroport de Minsk, à bord du vol Athènes-Vilnius et sont depuis emprisonnés.

La Russie peut encore décider de mettre son veto à l'enquête de l'aviation civile internationale. Moscou sous entend que l'indignation des occidentaux est avant tout politique :

"Y a-t-il une raison pour que cet incident soit considéré non pas du point de vue de la sécurité aérienne et de la sûreté des vols, mais d'un point de vue purement politique ?" se demande Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko maintient que l'avion a été détourné en raison d'une alerte à la bombe qui émanait de Suisse, il a également évoqué un courriel signé par des membres du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza.

L'homme fort du Bélarus accuse les nations occidentales d'"étrangler" son pays et de franchir les lignes rouges.

Sources additionnelles • AP, AFP