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A Zarzis, "le Jardin d'Afrique" accueille les dépouilles des migrants rejetées par la Méditerranée

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Cimetière "Le jardin d'Afrique", à Zarzis, en Tunisie, le 2 juin 2021
Cimetière "Le jardin d'Afrique", à Zarzis, en Tunisie, le 2 juin 2021   -   Tous droits réservés  AFP TV
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A peine inauguré et déjà à moitié plein... Dans le sud de la Tunisie, un nouveau cimetière accueille les dépouilles de migrants inconnus morts sur la route de l'Europe, rejetés par la méditerranée.

"Le Jardin d'Afrique", ainsi nommé par son créateur, l'artiste et homme de foi algérien Rachid Koraïchi, doit leur rendre leur dignité et peut-être un jour leur nom.

En attendant on peut par exemple lire sur les plaques : "homme pantalon rouge, plage de Djerba" et la date où le corps s'est échoué...

"Ce n'est pas de la science-fiction, vu ce que ramène la mer, ce que ramènent les courants marins ici, c'est clair que ce cimetière va saturer dans pas longtemps", déplore Rachid Koraïchi.

L'artiste a acheté ce terrain à Zarzis, près de la frontière libyenne, en 2018. Cette semaine, le cimetière a été inauguré par la directrice de l'Unesco Audrey Azoulay.

Un lieu de prière a été construit, ainsi que des bâtiments prévus pour faire des autopsies sur place, afin de faciliter le travail d'identification.

Les analyses sont actuellement effectuées par l'hôpital de Gabès, à 140 kilomètres de là, obligeant les autorités à transporter les dépouilles dans des conditions précaires.

Vicky, une Nigériane de 26 ans, arrivée en Tunisie à pied après plusieurs vaines tentatives de rejoindre l'Italie depuis la Libye, a la gorge serrée en balayant les allées :

"Beaucoup de vies ont été perdues. Beaucoup de personnes qui voulaient se rendre en Europe mais n'ont pas réussi. Beaucoup de personnes qui ont de la famille, en train de les chercher sans savoir qu'ils sont morts. Voir ces tombes me rend très triste."

Dans l'ancien cimetière, un terrain sablonneux près d'une ancienne décharge, les cantonniers municipaux aidés de bénévoles ont enterré plus de 600 inconnus.

Seule la sépulture d'une Nigérienne, Rose-Marie, est marquée par un peu de béton et quelques fleurs.

Depuis le début des années 2000, la municipalité de Zarzis, l'une des rares à prendre en charge les dépouilles de migrants dans la région, en a inhumé plus de 1 000, venus d'Afrique, d'Asie ou simplement de communes voisines.