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Migrants mis en danger : l'ONG Sea-Watch dénonce les actes dangereux de garde-côtes libyens

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Par euronews
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Un bateau de migrants essayant d'échapper à un navire des garde-côtes libyen en Méditerranée, 30 juin 2021
Un bateau de migrants essayant d'échapper à un navire des garde-côtes libyen en Méditerranée, 30 juin 2021   -   Tous droits réservés  Images Sea-Watch.org via AP
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L'ONG allemande Sea-Watch a tourné ces images aériennes de garde-côtes libyens tentant d'intercepter voire de percuter un bateau de migrants. L'ONG affirme que les garde-côtes libyens ont tiré sur l'embarcation. Leur avion de reconnaissance montrent les impacts de deux tirs à la surface de l'eau, à deux ou trois mètres de la proue du bateau en bois bleu dans lequel se trouvaient une cinquantaine de personnes.

Felix Weiss, chef des opérations aéroportées de Sea-Watch, a expliqué :

"Cela devient tout simplement beaucoup trop dangereux. Lorsque les gens traversent la zone de recherche et de sauvetage maltaise, ils sont sur l'eau depuis au moins 1 jour et demi, 2 jours. Ils sont donc épuisés, déshydratés. Donc ces manœuvres que nous avons vues hier pourraient facilement tuer une personne, voire plus, très facilement. Nous nous demandons tous comment il se fait que personne ne soit mort hier".

Toujours selon l'ONG Sea-Watch le navire des garde-côtes libyens a finalement dû rebrousser chemin faute de carburant, et les migrants sont parvenus à accoster sur l'île italienne de Lampedusa jeudi matin.

Des membres de Sea-Watch à bord de l'avion sont entrés en contact radio avec les garde-côtes pendant que cela se passait.

"Vous mettez les gens en danger. Vous êtes trop près", leur ont-ils lancé en anglais. "C'est un bateau de trafiquants", leur a répondu un garde-côtes. "Gardez vos distances, et ne tirez pas sur eux", a poursuivi l'ONG.

Il n'a pas été possible d'authentifier qu'il s'agit bien d'un bateau des garde-côtes libyens comme l'ONG l'affirme. Sollicité par l'AFP, un responsable des garde-côtes libyens n'était pas joignable dans l'immédiat.

Les traversées périlleuses en Méditerranée centrale depuis la Libye et la Tunisie, l'une des routes migratoires les plus meurtrières selon les Nations unies, ont drastiquement augmenté cette année.

Près de 21 000 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes depuis janvier, soit trois fois plus qu'à la même époque en 2020, selon Rome. Parmi elles, 17% étaient des mineurs non accompagnés.

Ces dernières semaines, une série de naufrages d'embarcations parties de Tunisie ou de Libye a fait des dizaines de morts.

Selon l'ONU, plus de 830 personnes ont péri depuis le début de l'année en Méditerranée, dont 694 sur la route centrale.

Sources additionnelles • AP, AFP