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Ukraine : Paris et Londres prêts à déployer des troupes au sol après un cessez-le-feu

La "Coalition des volontaires" s'est réunie mardi à Paris.
La "Coalition des volontaires" s'est réunie mardi à Paris. Tous droits réservés  Ludovic Marin/AP
Tous droits réservés Ludovic Marin/AP
Par Jorge Liboreiro & Euronews
Publié le Mis à jour
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Les garanties de sécurité envisagées par la "Coalition des volontaires" et les États-Unis comprennent un mécanisme de surveillance des "violations de la paix", une force multinationale dirigée par la France et le Royaume-Uni, et une obligation d'aider Kyiv en cas de future attaque russe.

La France et le Royaume-Uni ont confirmé leur intention de déployer des troupes en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu, dans le cadre de garanties de sécurité "robustes" destinées à Kyiv, afin d'éviter qu'une nouvelle invasion massive de la Russie ne se produise.

L'engagement a été officialisé dans une déclaration signée par le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à l'issue d'une réunion de la "Coalition des volontaires" à Paris ce mardi.

"Je peux dire qu'après un cessez-le-feu, le Royaume-Uni et la France établiront des centres militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations sécurisées pour les armes et équipements afin de soutenir les besoins défensifs du pays", a déclaré le chef du gouvernement britannique à l'issue de la réunion.

La président français a précisé que la force multinationale serait déployée "loin de la ligne de contact", dans les airs, en mer et sur terre, afin de fournir la "réassurance" nécessaire pour dissuader la Russie de toute nouvelle attaque contre l'Ukraine. La Turquie, a-t-il ajouté, participera à l'opération en apportant un soutien maritime.

Ces garanties de sécurité "sont la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne", a déclaré Emmanuel Macron.

Les garanties discutées mardi par les alliés incluraient également un mécanisme de surveillance des "violations de la paix", placé "sous un leadership américain", ainsi que des "engagements contraignants" de la part des partenaires à soutenir l'Ukraine en cas de nouvelle attaque russe.

Cette obligation, qui semble s'inspirer de l’article 5 de l'OTAN relatif à la défense collective, pourrait prendre la forme d'une aide militaire, mais aussi logistique, économique et diplomatique.

Elle nécessiterait une ratification par les parlements nationaux, une étape qui pourrait s'avérer délicate dans les pays où le soutien à l'Ukraine diminue. Aux États-Unis, elle serait soumise à l'approbation du Congrès.

On ignore encore quelle sera la contribution de chaque membre de la coalition, tant au sein de la force multinationale que dans le cadre de l'obligation de type article 5.

Merz : l'Allemagne pourrait envoyer des forces, mais pas en Ukraine

Après la réunion de mardi, le chancelier allemand Friedrich Merz a précisé que la contribution de son pays nécessiterait l'accord du Bundestag et limiterait le déploiement de troupes aux seuls pays voisins de l'Ukraine. Mais le chancelier a ajouté : "Nous n'excluons fondamentalement rien."

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé qu'il engagerait des discussions avec les principaux partis pour définir la contribution de l’Espagne, qui pourrait inclure un volet militaire. "La porte est ouverte pour que 2026 soit l'année de la fin de la guerre. C’est une très bonne nouvelle", a-t-il déclaré. "L'Europe n’a jamais voulu cette guerre."

Un grand pas en avant

La réunion de mardi a rassemblé les dirigeants de près de 30 pays occidentaux, ainsi que des représentants de la Turquie, de l'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande.

La délégation américaine était dirigée par Steve Witkoff et Jared Kushner, les deux principaux négociateurs nommés par le président Donald Trump. Le secrétaire d'État Marco Rubio devait initialement y assister, mais les récents événements au Venezuela l'ont contraint à revoir son agenda.

"Le mandat du président Trump est clair : il veut la paix en Ukraine, et nous sommes déterminés, en son nom, à faire tout ce qui est possible", a déclaré Witkoff.

Étaient également présents à Paris la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, António Costa, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, et le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte. Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), a également pris part à la réunion.

"Nous sommes collectivement aux côtés de l'Ukraine, et un avenir sûr et prospère nous attend", a déclaré Ursula von der Leyen, qualifiant le sommet de "forte démonstration d'unité".

Les dirigeants se sont efforcés de préciser et d'étoffer les garanties de sécurité, qui reposent sur cinq piliers principaux :

  • un mécanisme de surveillance dirigé par les États-Unis,
  • le soutien militaire à l'armée ukrainienne,
  • une force multinationale dirigée par la France et le Royaume-Uni,
  • une obligation juridiquement contraignante d'assistance en cas de nouvelle attaque,
  • et la coopération à long terme avec l'Ukraine en matière de défense.

L'obligation d’aider l’Ukraine avait été évoquée pour la première fois lors d'une réunion à Berlin le mois dernier, où elle avait été comparée à l'article 5 relatif à la défense collective, fondement clé de l'alliance transatlantique, même si les dirigeants n'avaient pas employé ce terme publiquement.

Emmanuel Macron a reçu Volodymyr Zelensky.
Emmanuel Macron a reçu Volodymyr Zelensky. Associated Press.

Pour Kyiv, une dissuasion crédible reste une condition indispensable pour renoncer à son aspiration constitutionnelle à rejoindre l’OTAN, objectif que Moscou refuse catégoriquement et que Washington n'a pas soutenu sous la présidence de Donald Trump.

Pourtant, la mise en place d'une garantie de type article 5 soulève de nombreuses interrogations.

Les gouvernements européens devront convaincre leurs parlements – souvent confrontés à une paralysie politique – d'accepter un engagement d'une ampleur exceptionnelle et aux conséquences lourdes.

L'obligation d’assister l'Ukraine en cas d'attaque reposerait sur un mécanisme de contrôle du cessez-le-feu. Conçu comme un système de capteurs de haute technologie le long de la ligne de contact, ce dispositif serait crucial pour détecter d'éventuelles violations et en déterminer les responsables.

Si les alliés concluaient que la Russie est en faute, l'assistance de type article 5 pourrait être déclenchée. Selon des responsables européens proches des discussions, cette activation resterait toutefois une décision politique et non automatique.

Volodymyr Zelensky a salué la réunion de mardi comme un "grand pas en avant", tout en précisant que les efforts déployés restaient insuffisants. "Cela ne sera suffisant que lorsque la guerre en Ukraine prendra fin", a-t-il déclaré.

À ce stade, la Russie ne montre aucun signe de compromis pour conclure un accord de paix et mettre fin à la guerre, poursuivant les frappes de drones et de missiles contre les villes ukrainiennes, faisant des dizaines de victimes civiles et détruisant des infrastructures.

"Nous ne pourrons parvenir à un accord de paix que si Poutine est prêt à faire des compromis", a affirmé Starmer. "Malgré toutes les déclarations de la Russie, Poutine ne montre pas qu'il est prêt à faire la paix".

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