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Euro 2021 : réflexion autour d'une génuflexion

Par Pierre Michaud
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Raheem Sterling, un genou à terre, a marqué le seul but du match contre la Croatie
Raheem Sterling, un genou à terre, a marqué le seul but du match contre la Croatie   -   Tous droits réservés  AP Photo
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Un genou à terre en hommage à l'Afro-Américain George Floyd, un signe de ralliement au mouvement anti-raciste Black Lives Matter : la sélection anglaise n'a pas dérogé à son rituel d'avant match ce dimanche, lors de ses débuts réussis à l'Euro de football (succès 1-0 face à la Croatie, vice-championne du monde). Sous les applaudissements du public de Wembley.

Malgré la possibilité d'une réaction hostile de certains fans anglais, le défenseur Luke Shaw avait annoncé la couleur en conférence de presse d'avant-match, expliquant "nous en avons parlé ensemble dans le vestiaire. Nous ne changerons pas, nous croyons en ce symbole fort. Pas question de céder."

Des propos appuyés par son sélectionneur, Gareth Southgate : "nous sommes plus que jamais déterminés à mettre le genou à terre pendant ce tournoi. Nous acceptons qu'il puisse y avoir une réaction négative. Nous allons simplement l'ignorer et aller de l'avant. Je pense que les joueurs ont conscience des possibles conséquences mais ils en ont vraiment assez."

Les avis divergent parmi les 24 sélections

Samedi, les Diables Rouges belges ont posé un genou sur la pelouse quand les Russes restaient stoïques.

Alors qu'ils comptent des joueurs particulièrement impliqués dans la lutte contre le racisme, les Néerlandais ont choisi de ne pas s'agenouiller avant de défier l'Ukraine. Les Oranje sont solidaires de la démarche anglaise. Mais eux non plus ne comptent pas changer leurs habitudes :

"En fait, on ne l'a jamais fait jusqu'ici, s'est défendu le nouveau joueur du PSG, Georginio Wijnaldum. Seuls les Anglais avaient l'habitude de s'agenouiller. Lors de nos précédents matches internationaux, nous ne l'avons jamais fait. Mais cela ne nous empêche pas de participer au débat et d'appuyer les initiatives de notre fédération contre le racisme."

D'autres pays ont publiquement annoncé ne pas vouloir suivre le mouvement, comme la République Tchèque ou la Hongrie. A Budapest, le public a hué il y a quelques semaines les joueurs irlandais qui s'agenouillaient avant un match de préparation. La sortie du Premier ministre Viktor Orban avait alors été remarquée.

"Ce geste n'a pas sa place sur un terrain de sport. Il concerne seulement les pays ayant pratiqué la traite d'esclaves et nullement les pays d'Europe Centrale." avait-il affirmé.