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Washington cible des combattants pro-Iran dans des frappes en Irak et en Syrie

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Par Euronews avec AFP
Images de frappes américaines, publiées dimanche 27 juin, dans le gouvernorat de Deir Ezzor en Syrie, à la frontière avec l'Irak.
Images de frappes américaines, publiées dimanche 27 juin, dans le gouvernorat de Deir Ezzor en Syrie, à la frontière avec l'Irak.   -   Tous droits réservés  US CENTRAL COMMAND via AFP
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L'Irak a dénoncé avec force lundi 28 juin, les frappes américaines menées avant l'aube contre des positions de milices pro-Iran sur son territoire et en Syrie voisine. Un "message fort", selon Washington, pour dissuader les attaques contre les forces américaines encore présentes dans la région.

Dans la nuit et sur ordre du président américain Joe Biden, l'armée de l'air américaine a ciblé des centres opérationnels et des dépôts d'armes dans deux endroits en Syrie et un endroit en Irak, des installations utilisées par des milices soutenues par l'Iran, a annoncé le Pentagone.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les raids ont détruit un entrepôt et une position de milices irakiennes membres du Hachd al-Chaabi près de Boukamal (est de la Syrie), près de la frontière irakienne. Au moins sept combattants irakiens ont été tués, a affirmé l'ONG disposant d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

Le Hachd al-Chaabi, coalition paramilitaire de milices en majorité chiites, fer de lance de l'anti-américanisme en Irak, a confirmé la mort dans des frappes de quatre de ses membres dans la région d'Al-Qaïm, dans l'ouest de l'Irak, près de la frontière syrienne.

Washington envoie "un message fort"

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken en visite à Rome, a estimé lundi que les frappes envoyaient "un message fort" à tous ceux qui attaqueraient les forces armées américaines.

Cette action de légitime défense destinée à empêcher d'autres attaques envoie un message très important et fort
Antony Blinken
Secrétaire d'État américain

Ces frappes ont été décidées en représailles aux attaques ayant visé ces derniers mois les intérêts américains en Irak et imputées par les Etats-Unis aux factions irakiennes fidèles à l'Iran, ennemi de Washington.

Interrogé sur le fait de savoir si les États-Unis tenaient l'Iran responsable de ces attaques, Antony Blinken a répondu : "Certains groupes impliqués dans des attaques récentes sont des milices soutenues par l'Iran".

Depuis début 2021, plus de 40 attaques aux roquettes ou drones ont visé les intérêts américains en Irak. Washington accuse les factions pro-Iran.

Le Hachd quant à lui, salue les attaques anti-américaines, mais n'en revendique pas la responsabilité.

L'opération américaine est la deuxième du genre contre des milices pro-Iran en Syrie depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden en janvier. Une vingtaine de combattants ont péri dans la première frappe en février.

L'Irak, un "terrain de règlement de comptes"

À Bagdad, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a dénoncé dans un communiqué une "violation flagrante de la souveraineté" de son pays, tout en appelant "à éviter l'escalade". Il a réitéré son refus de voir l'Irak utilisé "comme un terrain de règlement de comptes".

Depuis des années, Bagdad met en garde contre la possibilité que ses deux grands alliés, le voisin iranien et les États-Unis, ne se servent de son sol comme d'un champ de bataille.

L'Iran a quant lui accusé Washington, après les raids, de "perturber la sécurité régionale".

Ces frappes interviennent alors que des efforts sont en cours pour un retour des Etats-Unis à l'accord sur le nucléaire iranien, qui offre à Téhéran un allègement des sanctions en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique, et d'une réduction drastique de son programme nucléaire.