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Le grand jour à Cannes : pour tout savoir sur le festival, c'est ici

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Par euronews
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Le grand jour à Cannes : pour tout savoir sur le festival, c'est ici
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Fébrile, la ville française de Cannes ? Oui, très.

Après avoir été bousculé par la pandémie de Covid-19 et des mois de fermeture des salles de cinéma, plus de deux ans après avoir décerné la Palme d'or au Sud-Coréen Bong Joon-ho pour "Parasite", le Festival International du Film s'apprête à accueillir les stars sur son célèbre tapis rouge.

Le cinéaste Spike Lee est le président d'un jury cette année à majorité féminine* et c'est la réalisatrice et actrice américaine Jodie Foster qui est l'invitée d'honneur de la cérémonie d'ouverture.

Si le festival, cette année, s'annonce relativement sobre, le glamour sera assuré, même si la prudence sanitaire est de mise comme l'explique le directeur du Festival de Cannes, Thierry Fremaux :

"Quand vous êtes dans les rues de Cannes, vous n'avez pas besoin de porter un masque, quand vous rentrez pour la montée des marches, dans la bulle du festival, vous devez porter un masque, sauf pour les stars sur le tapis rouge. En haut des marches, pas de baisers, pas d'embrassades, rien, il faudra là aussi être extrêmement exemplaires et prudents."

Un opéra-rock flamboyant, "Annette" du réalisateur français Leos Carax, avec les acteurs Adam River et Marion Cotillard, sera projeté en ouverture ce soir.

Les membres du jury sont arrivés à Cannes et se sont réunis lundi soir autour d'un premier dîner. Dans l'après-midi, ils donneront leur traditionnelle conférence de presse, avant d'entamer leur marathon cinéphile : 24 films en compétition officielle à voir, de la jeune Julia Ducournau à Paul Verhoeven en passant par l'Italien Nanni Moretti ou le Russe Kirill Serebrennikov, et des prix à remettre le 17 juillet.

* pour voir la composition du jury du 74e festival de Cannes, scroller en bas de l'article, après la liste des films en compétition.

La liste des 24 films en compétition pour la Palme d'or

  • "Annette" de Leos Carax (France). Neuf ans après "Holy Motors", Leos Carax revient avec un opéra-rock coécrit et mis en musique par le groupe américain Sparks. Une comédie musicale avec Adam Driver et Marion Cotillard en couple épanoui et glamour qui bascule après la naissance d'un étrange enfant.
  • "Benedetta" de Paul Verhoeven (Pays-Bas). Homosexualité, érotisme, église et pouvoir : le nouveau film de l'auteur de "Basic Instinct" et "Elle" a tout pour secouer la Croisette, avec Virginie Efira dans un grand rôle de nonne lesbienne, habitée par le Christ et le désir charnel, dans un couvent italien du XVIIe siècle.
  • "The French Dispatch" de Wes Anderson (Etats-Unis). Le casting le plus impressionnant, avec Bill Murray, Tilda Swinton, Timothée Chalamet, Frances McDormand et d'autres stars... Le cinéaste à l'univers visuel léché met en scène un journaliste américain basé à Ennui-sur-Blasé, une ville fictive française à partir des années 1940.
  • "Tre Piani" de Nanni Moretti (Italie). Vingt ans après sa Palme d'or pour "La Chambre du fils", l'habitué de Cannes adapte un roman sur le destin de trois familles, habitant à trois étages d'un même immeuble de Rome.
  • "A Feleségem Torténete" ("L'histoire de ma femme") d'Ildiko Enyedi (Hongrie). Un homme fait le pari d'épouser la première femme qui passe la porte d'un bar.... Avec Léa Seydoux, présente dans quatre films en sélection cette année.
  • "Bergman Island" de Mia Hansen-Love (France), avec Tim Roth et Vicky Krieps, sur un couple de cinéastes qui part sur l'île de Faro, île fétiche du cinéaste suédois Ingmar Bergman, pour écrire chacun le scénario de son prochain film.
  • "Drive my car" de Ryusuke Hamaguchi (Japon). Le réalisateur de "Senses" et "Asako I et II" sur deux êtres en quête de rédemption, hantés par des secrets du passé.
  • "Ha'Berech" ("Le genou d'Ahed") de Nadav Lapid (Israël), Ours d'Or 2019 pour "Synonymes". La rencontre d'un cinéaste israélien avec une fonctionnaire du ministère de la Culture, dans un village reculé, et son combat pour la liberté dans son pays.
  • "Haut et fort" de Nabil Ayouch (Maroc). Le réalisateur de "Much Loved", sur la prostitution, plonge dans l'univers d'une jeunesse marocaine portée par le hip-hop. Tourné dans une banlieue déshéritée de Casablanca, où le réalisateur a fondé un centre culturel et recruté la plupart des acteurs.
  • "Hytti NRO 6" (Compartment NO.6) de Juho Kuosmanen (Finlande), la rencontre entre deux inconnus le temps d'un voyage en train entre Moscou et Mourmansk, au nord du cercle polaire.
  • "Julie (en 12 chapitres)" de Joachim Trier (Norvège). Le réalisateur "d'Oslo, 31 août" promet un trio sentimental entre une trentenaire qui n'arrive pas à se fixer, un auteur à succès et un séduisant jeune homme.
  • "La Fracture" de Catherine Corsini (France) avec Valeria Bruni-Tedeschi et Marina Foïs. Un film autour d'un couple bloqué dans un hôpital en pleine manifestation des "gilets jaunes", par une réalisatrice discrète mais engagée.
  • "Les Intranquilles" de Joachim Lafosse (Belgique) s'attaque au drame de la bipolarité, à travers le portrait d'une famille rongée par la maladie du père (Damien Bonnard) avec laquelle la mère (Leïla Bekhti) tente de composer, pour protéger leur jeune fils.
  • "Les Olympiades" de Jacques Audiard (France) avec Noémie Merlant, et Céline Sciamma à l'écriture du scénario. Le cinéaste français, Palme d'Or pour "Dheepan" (2015), va tenter un doublé avec ce film tourné dans des grands ensembles du XIIIe arrondissement de Paris.
  • "Lingui" de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad), aborde le tabou de l'avortement à travers le destin d'une adolescente enceinte à N'Djamena. Le réalisateur tchadien installé en France avait décroché le Prix du Jury à Cannes en 2010 pour "Un homme qui crie".
  • "Memoria" d'Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande). Après sa Palme d'or en 2010 pour "Oncle Boonmee", ce cinéaste mystique et onirique tourne pour le première fois hors de Thaïlande, en Colombie, avec Jeanne Balibar et Tilda Swinton en botaniste prise d'hallucinations sonores.
  • "Nitram" de Justin Kurzel (Australie). Après avoir tourné "Macbeth" et "Assassin's Creed" avec Michael Fassbender et Marion Cotillard, le cinéaste livre un plaidoyer pour le contrôle des armes, revenant sur une fusillade en Australie qui avait fait 35 morts en 1996.
  • "France" de Bruno Dumont avec Léa Seydoux, Benjamin Biolay et Blanche Gardin. Le réalisateur nordiste continue d'adapter Charles Péguy et promet un triple portrait, d'une femme, de la France et du système médiatique à travers l'histoire d'une journaliste star de télévision.
  • "Petrov's Flu" de Kirill Serebrennikov (Russie). Le cinéaste, critique du régime russe et interdit de sortie du territoire, livre une "déambulation alcoolisée" entre deux amis, à la lisière entre rêve et réalité...
  • "Red Rocket" de Sean Baker (Etats-Unis) sur une ex-star du porno qui revient s'installer dans son Texas natal.
  • "Titane" de Julia Ducournau (France) avec Vincent Lindon. La réalisatrice de 37 ans, remarquée avec l'horrifique "Grave" (2016), revient avec une histoire d'enfant retrouvé et de meurtres en série, interprétée notamment par Vincent Lindon.
  • "Tout s'est bien passé" de François Ozon (France). Le réalisateur prolifique et éclectique filme pour la première fois Sophie Marceau, confrontée à une demande de son père, André Dussollier, de l'aider à mettre fin à ses jours.
  • "Un héros" d'Asghar Farhadi (Iran). Après "Everybody Knows", tourné en Espagne avec Penelope Cruz et Javier Bardem, le cinéaste, Oscar du meilleur film étranger en 2017 pour "Le Client", revient avec un thriller tourné en Iran.
  • "Flag Day" de Sean Penn (Etats-Unis). Le retour du cinéaste américain après l'accueil glacial à Cannes, en 2016 de "The Last Face". L'acteur star joue aux côtés de sa propre fille Dylan, sur le destin d'un braqueur et la relation père-fille.

Le jury

Mati Diop

Révélée en 2019 avec "Atlantique", son premier long-métrage récompensé du Grand prix à Cannes, Mati Diop est une réalisatrice franco-sénégalaise qui n'a de cesse de revenir à l'Afrique, dont elle parle dans ce film où est évoqué le sort des migrants.

Nièce du grand réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambéty, réalisateur de "Touki Bouki", la cinéaste de 39 ans avait déjà été remarquée avec "Mille soleils", en 2013. Un moyen métrage documentaire qui suivait l'acteur de "Touki Bouki" et dialoguait avec le film de son oncle, qu'elle a peu connu.

Actrice à ses heures, notamment chez Claire Denis dans "35 rhums" (2008), elle est une admiratrice du cinéma onirique du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, en compétition cette année.

Mylène Farmer

Parfois qualifiée de "Madonna française", Mylène Farmer, 59 ans, est une chanteuse admirée de millions de fans et véritable icône au sein de la communauté gay. Avec 35 millions de disques vendus, cette figure de la pop culture, connue pour ses show grandioses à travers l'Europe et jusqu'en Russie ainsi que ses clips, jouit d'une renommée internationale.

Celle dont certains des plus grands succès, "Libertine", "Sans contrefaçon" ou "California", ont rencontré leur public via des clips considérés comme de véritables petits films, a collaboré avec des cinéastes et photographes de renom: Peter Lindbergh, Abel Ferrara, Luc Besson...

En 2018, la chanteuse à la crinière rousse a rejoint le casting du film d'horreur "Ghostland", récompensé au Festival du film fantastique de Gérardmer.

Mélanie Laurent

Jeune orpheline juive assoiffée de vengeance chez Tarantino ("Inglourious Basterds") ou citoyenne engagée pour l'environnement ("Demain" de Cyril Dion, présent cette année à Cannes), Mélanie Laurent, 38 ans, multiplie les casquettes.

Actrice, scénariste, réalisatrice, elle mène une carrière des deux côtés de l'Atlantique: en France, elle a été découverte dans "Je vais bien, ne t'en fais pas" (2006) et a déjà reçu deux César ; aux Etats-Unis, elle est devenue célèbre grâce à Quentin Tarantino et une danse improvisée, en 2009, sur les marches de Cannes.

Elle a aussi réalisé un film américain "Galveston", qui se déroule en plein Texas, et présentera en septembre sur la plateforme Amazon son dernier film, "Le Bal des folles", sur des femmes internées au XIXe siècle.

Maggie Gyllenhaal

Enfant de la balle comme son frère Jake, Maggie Gyllenhaal, 43 ans, a été révélée au grand public dans "Donnie Darko" (2001) et "La Secrétaire" (2002). Elle accède à une reconnaissance mondiale grâce à "The Dark Knight" de Christopher Nolan (2008), où elle incarne la dame de coeur de Bruce Wayne alias Batman. En 2009, elle fait l'unanimité dans "Crazy Heart" qui lui vaut une nomination aux Oscars.

Elle est également connue des amateurs de série grâce à son rôle dans "The Deuce", série sur l'industrie du porno, dont elle est également productrice. Elle travaille actuellement sur son premier film, inspirée d'un roman à succès d'Elena Ferrante.

Song Kang-ho

Acteur fétiche de Bong Joon-ho, il a été le père de famille roublard de "Parasite", Palme d'or 2019 ensuite récompensé de l'Oscar du meilleur film à Hollywood. En 26 ans de carrière, le Sud-Coréen a joué dans 40 films dont "Memories of Murder" (2003) et "Snowpiercer, le Transperceneige" (2013), film de science-fiction dystopique réalisé par Bong Joon-ho.

Le public international l'a découvert en 2009 dans "Thirst, ceci est mon sang", un conte baroque cruel où il incarnait un prêtre parti en Afrique tester un vaccin contre un mystérieux virus mortel avant d'être transformé en vampire.

Récompensé de l'"Excellence Award" au Festival du film de Locarno (Suisse) en 2019, il a été en 2020 sur la liste du "New York Times" des "25 meilleurs acteurs du 21e siècle".

Tahar Rahim

Premier rôle dans la série à succès de Netflix "Le Serpent", où il incarne le tueur français Charles Sobhra, et nommé aux Golden Globes et aux Bafta pour "Désigné Coupable" (dans les salles françaises le 14 juillet), Tahar Rahim est l'acteur français à qui tout réussit. A 39 ans, l'acteur mène une carrière éclectique en France et aux Etats-Unis.

Il a été révélé en 2009 dans "Un prophète" de Jacques Audiard, où il tenait le premier rôle, celui d'un détenu. Ce drame intense a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes et 9 César, dont celui de meilleur espoir masculin et meilleur acteur. Il revient en compétition à Cannes en 2013 avec "Le Passé" de l'Iranien Asghar Farhadi et "Grand Central" de la Française Rebecca Zlotowski. Il a également été vu dans la série "The Eddy" sur Netflix, avec sa femme, l'actrice Leïla Bekhti.

Kleber Mendonça Filho

Représentant de la nouvelle vague brésilienne, le réalisateur, 52 ans, a marqué le festival de Cannes en 2019 avec "Bacurau", film de genre politique récompensé du prix du Jury ex-aequo avec "Les Misérables" de Ladj Ly.

Pourfendeur de la politique de Bolsonaro, il avait déjà séduit la Croisette en 2016 avec "Aquarius", chronique de la société brésilienne et des excès du capitalisme à travers le portrait d'une femme libre, en guerre contre une société immobilière qui veut la déloger, avec son actrice fétiche Sonia Braga.

Né à Recife (nord-est du Brésil), Kleber Mendonça Filho a débuté comme programmateur et critique de cinéma tout en réalisant des courts métrages. "Les Bruits de Recife", son premier long métrage, avait été dévoilé au Festival du Film de Rotterdam en 2012.

Jessica Hausner

Ancienne élève de Michael Haneke, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner, 48 ans, a vu son film "Little Joe", en lice pour la Palme d'or en 2019, primé pour la meilleure interprétation féminine remportée par l'Anglo-Américaine Emily Beecham.

Ce long métrage évoquait des manipulations génétiques dans un futur assez proche où l'actrice jouait une phytogénéticienne à la fois très pointue et borderline qui travaille dans le développement de nouvelles plantes.

Avant ce premier projet en anglais, l'ancienne étudiante en psychologie et en cinéma a créé sa société de production, Coop 99, et signé plusieurs longs métrages.

Parmi eux : "Lovely Rita" en 2000, sur une adolescente à la dérive, "Lourdes", avec Sylvie Testud, interrogation sur les miracles et la foi, et "Amour Fou", en 2015, présenté à Un certain regard, sur le suicide du poète allemand Heinrich von Kleist.

Sources additionnelles • AFP