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Exclusif : "l'UE n'exerce aucune pression" sur Assad, accuse l'opposition syrienne

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Par euronews
La ville de Homs en ruine, en 2016
La ville de Homs en ruine, en 2016   -   Tous droits réservés  Hassan Ammar/Copyright 2016 The Associated Press. All rights reserved.
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Lors d'un échange avec Euronews, l'un des principaux groupes d'opposition syriens appelle l'Europe à accentuer la pression sur le régime Assad. Notre chaîne a rapporté que plusieurs pays de l'Union européenne - dont Chypre, la Grèce et la Hongrie - avaient récemment rouvert leur ambassade à Damas.

"Malheureusement, l'Europe n'exerce actuellement aucune pression, et elle persiste dans une politique d'attente et de gestion du conflit en tentant de minimiser les pertes, avec de sporadiquesdéclarations et sanctions économiques", accuse la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolutiondans une déclaration écrite à Euronews.

Cette coalition de groupes d'opposition a été formée en novembre 2012 à Doha. Elle est reconnue comme un représentant légitime du peuple syrien par 120 États et organisations, dont les États-Unis et l'UE. Elle a son siège en Égypte et des bureaux en France, en Allemagne, au Qatar, en Turquie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, selon son site internet.

En Syrie, la coalition ne peut pas se présenter aux élections. Les candidats autorisés à se présenter face au président Bachar al-Assad, qui a récemment été réélu haut la main, sont considérés par l'opposition et les nations occidentales comme des fantoches visant à donner au régime un semblant de légitimité.

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Le président syrien et sa femme dans la Ghouta orientale, pendant l'élection présidentielleHassan Ammar/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

L'UE nie toute "politique d'attente".

Contacté par Euronews, le Service européen pour l'action extérieure nie le fait que l'UE n'exerce pas de pression sur le régime syrien.

"Ce n'est pas vrai. L'UE est à la tête des efforts internationaux visant à maintenir la Syrie au premier plan de l'agenda international, à maintenir la pression sur le régime d'Assad, à promouvoir une solution politique et à fournir une assistance aux nombreux Syriens dans le besoin. Nous ne menons certainement pas une 'politique d'attente'", a déclaré un porte-parole de la diplomatie européenne.

L'Union européenne a adopté des sanctions contre le régime d'Assad depuis le début du conflit. La liste des sanctions comprend actuellement 283 personnes et 70 entités en Syrie.

Le porte-parole l'assure : "L'UE soutient le peuple syrien depuis le début et reste de loin le principal donateur dans la crise syrienne. Tout au long du conflit, nous avons apporté un soutien substantiel aux organisations de la société civile syrienne, car ces acteurs devront jouer un rôle de premier plan dans la Syrie post-conflit".

Baderkhan Ahmad/Copyright 2021The Associated Press. All right reserved
Des enfants dans le camp de réfugiés d'al-Hol, en SyrieBaderkhan Ahmad/Copyright 2021The Associated Press. All right reserved

"Collectivement avec ses États membres, l'UE a mobilisé près de 25 milliards d'euros depuis 2011 en matière d'aide humanitaire, de développement, d'économie et de stabilisation. Cela inclut les 3,7 milliards d'euros annoncés par l'UE en mars dernier lors de la Ve Conférence de Bruxelles sur le soutien à l'avenir de la Syrie et de la région", a déclaré le porte-parole de l'UE à Euronews.

Pas de normalisation en vue

Alors que Bruxelles maintient que toute forme de normalisation diplomatique avec le régime d'Assad est inacceptable, Euronews est en mesure d'affirmer qu'au moins cinq États membres de l'UE ont actuellement une mission diplomatique opérant en Syrie.

Interrogée sur la possibilité d'une normalisation des relations diplomatiques entre l'UE et la la Syrie d'Assad, la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution a répondu par la négative, mettant en avant les sanctions de l'UE et une récente résolution du Parlement européen demandant des comptes pour les crimes de guerre commis par le régime.

"L'Union européenne ne normalisera pas ses relations avec le régime d'Assad. Une telle démarche constituerait un scandale humanitaire, juridique et international, et représenterait un précédent historique (...), à savoir 'la normalisation de l'utilisation des armes chimiques'", a déclaré la coalition à Euronews.

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En avril 2018, après le raid franco-britannique contre le Centre syrien de rechercheHassan Ammar/Copyright 2018 The Associated Press. All rights reserved.

L'organisme international de surveillance des armes chimiques a récemment déclaré au Conseil de sécurité des Nations unies que la Syrie avait probablement ou certainement utilisé des armes chimiques dans 17 cas.

"Accepter la réouverture des ambassades à Damas avant de parvenir à une solution politique conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, c'est comme accepter l'ouverture d'une ambassade en Allemagne sous Hitler ou en Italie sous Mussolini", a poursuivi la coalition.

Le rôle de l'extrême droite européenne

Le groupe d'opposition syrien a fait remarquer que les partis d'extrême droite et populistes d'Europe faisaient pression en faveur d'un dialogue avec le régime syrien.

"Tous les appels au rapprochement avec Assad proviennent des partis et mouvements d'extrême droite et extrémistes, populistes et racistes, qui soutiennent également Vladimir Poutine, et s'opposent généralement à toutes les actions de l'Occident", a estimé la coalition à Euronews.

Plusieurs délégations de partis d'extrême droite, dont l'AfD en Allemagne ou le Rassemblement national en France, se sont rendues en Syrie ces dernières années. Le média allemand Deutsche Welle a rapporté que le voyage de l'AfD visait à montrer que la Syrie était un "pays d'origine sûr" vers lequel les migrants pouvaient être renvoyés.

Depuis son déclenchement en mars 2011, la guerre civile syrienne a fait un demi-million de morts et chassé environ 11 millions de personnes de leurs foyers.