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Pokaa, le premier chien "renifleur du Covid-19" dans un Ehpad en France

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Par euronews avec AFP
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Pokaa, le premier chien "renifleur du Covid-19" dans un Ehpad en France
Pokaa, le premier chien "renifleur du Covid-19" dans un Ehpad en France   -   Tous droits réservés  AFP
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Ne vous méprenez pas : Pokaa est loin d'être un paresseux. Si vous le surprenez en plein début de sieste, c'est sans doute que sa journée a déjà été bien chargée. Car ce golden retriever de deux ans est unique en son genre : il est le premier chien renifleur dans un Ehpad de Kunheim (Haut-Rhin), en France. Pokaa peut ainsi détecter le Covid-19 jusqu'à 48 heures avant les tests PCR qui sont effectués sur les résidents.

Si Pokaa détecte un prélèvement positif, il s'assied devant le cône et il maintient vraiment la position et il peut être très insistant sur son marquage", explique Christelle Schreiber, dresseuse de chiens. "Si Pokaa détecte un prélèvement négatif, il va le sentir, voire très rapidement l'ignorer, et revenir à moi pour me dire que là il n'y a rien."

Les échantillons sont imprégnés de la sueur des personnes testées. Et le flair de Pokaa s'avère être infaillible. Lors des tests menés dans cet Ehpad en Alsace, il a reconnu 100% des échantillons positifs."Ces chiens ont une capacité sur les personnes asymptomatiques à détecter le virus à peu près 48 heures avant les tests PCR. Ce qui leur donne aussi une force énorme. C'est-à-dire qu'ils ont une sensibilité, en fait, supérieure aux tests PCR", détaille Alain Legrand, directeur de l'association "Handi'chiens", qui s'est occupée du dressage de Pokaa.

Avantages en terme de confort et de coût

Une technique qui présente un avantage important comparé aux tests PCR. "Les patients chez lesquels on fait des tests PCR se sentent souvent agressés, d'autant plus que ce sont des gens qui n'ont pas toutes leurs capacités cognitives", explique Pierre Kohser, médecin dans l'Ehpad de La Roselière_. "On a énormément de gens qui sont atteints de démence et qui ne comprennent pas, qui ont des troubles de la compréhension. Et même si on leur explique, ils se débattent quand on leur met un coton-tige dans le nez et il faut parfois être à trois ou à quatre pour faire ce test."_

Moins intrusif, moins agressif, Poka s'avère aussi être moins coûteux. "Dans un établissement comme ici, au lieu de faire 115 tests PCR, vous faites 115 tests avec le chien", souligne Alain Legrand. "S'il y en a un qui est positif, vous allez faire un PCR, mais vous allez économiser 114 tests PCR qui, eux, coûtent autour de 50 euros. Donc c'est un gain énorme pour les finances publiques et la Sécurité sociale."

Alain Legrand dirige l'association qui a formé Pokaa ainsi que deux autres chiens. Mais pour l'heure, le golden retriever est le seul à exercer sa compétence Covid-19. Pour que d'autres chiens soient formés, l'association aurait besoin de financement des pouvoirs publics. L'argument économique pourrait sans doute trouver quelques oreilles attentives...