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Les talibans annoncent avoir pris le contrôle "complet" du Panchir, la résistance dément

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Par Stephane Hamalian  & Euronews avec AFP
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Un combattant taliban à Kaboul, le 4 septembre 2021
Un combattant taliban à Kaboul, le 4 septembre 2021   -   Tous droits réservés  Wali Sabawoon/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Le Front national de résistance afghan (FNR) a démenti ce lundi la prise de contrôle "complet" de la vallée du Panchir annoncée plus tôt par les talibans.

Le groupe emmené par Ahmad Massoud, retranché dans cette vallée enclavée, a promis qu'il continuerait le combat, indiquant retenir des "positions stratégiques" dans la vallée.

Les talibans avaient annoncé tôt ce lundi avoir pris le contrôle "complet" de la vallée du Panchir, où s'était organisée la résistance à leur encontre depuis leur prise du pouvoir en Afghanistan à la mi-août.

"Avec cette victoire, notre pays est désormais complètement sorti du marasme de la guerre. Les gens vivront maintenant dans la liberté, la paix et la prospérité", avait ainsi déclaré dans un communiqué le principal porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid.

"Des insurgés ont été tués et le reste a fui. La respectable population du Panchir a été sauvée des preneurs d'otage. Nous (lui) assurons que personne ne fera l'objet de discrimination. Ils sont tous nos frères et nous travaillerons ensemble pour un pays et un objectif", avait-il ajouté.

La vallée du Panchir, enclavée et difficile d'accès, à 80 km au nord de Kaboul, était le dernier foyer d'opposition armée aux talibans, qui ont pris le pouvoir le 15 août et obtenu le départ des dernières troupes étrangères deux semaines plus tard.

Bastion anti-taliban de longue date, la zone, que le légendaire commandant Ahmed Shah Massoud a contribué à rendre célèbre à la fin des années 1990 avant d'être assassiné par Al-Qaïda en 2001, abrite le Front national de résistance (FNR).

Emmené par Ahmad Massoud, le fils du commandant Massoud, le FNR comprend des membres de milices locales ainsi que d'anciens membres des forces de sécurité afghanes qui sont arrivés dans la vallée lorsque le reste de l'Afghanistan est tombé.

Le Panchir n'était jamais tombé aux mains ennemies, que ce soit sous l'occupation soviétique dans les années 1980, ou sous l'ascension des talibans au pouvoir pour la première fois une décennie plus tard.

Le FNR avait proposé dans la nuit de dimanche à lundi un cessez-le-feu, après avoir semble-t-il subi de lourdes pertes au cours du week-end. Il avait indiqué avoir "proposé aux talibans de cesser leurs opérations militaires dans le Panchir... et de retirer leurs forces. En retour, nous demanderons à nos troupes de s'abstenir de toute action militaire".

Éclaircies

Sur le plan humanitaire, même si la situation demeure critique en Afghanistan, le ciel commence à s'éclaircir.

Les talibans se sont engagés dimanche à garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et l'accès de l'aide en Afghanistan lors d'une rencontre avec le responsable des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths, a annoncé un porte-parole des Nations Unies.

Le Qatar a annoncé avoir acheminé samedi 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent".

L'ONU, qui a mis en garde cette semaine contre une "catastrophe humanitaire imminente", tiendra pour sa part le 13 septembre une réunion entre Etats membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

Près de trois semaines après la prise de pouvoir des talibans, le ballet diplomatique a débuté. Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est attendu de lundi à mercredi au Qatar, pays au coeur du dialogue avec le nouveau pouvoir afghan.

Le chef du renseignement militaire pakistanais, Faiz Hameed, a quant lui été vu samedi à Kaboul, où il devait probablement rencontrer des hauts responsables talibans, avec qui Islamabad entretient des liens étroits.

A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a de son côté appelé dimanche au dialogue avec les talibans afin de poursuivre les évacuations des "gens qui ont travaillé pour l'Allemagne" et pouvoir "les mettre en sécurité".