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Les talibans présentent leur gouvernement provisoire, 100% masculin, dominé par les Pachtounes

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Par Maxime Bayce avec AFP
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Les talibans présentent leur gouvernement provisoire, 100% masculin, dominé par les Pachtounes
Tous droits réservés  WAKIL KOHSAR / AFP
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Les premiers noms communiqués ce mardi par les talibans sont à l'opposé de l'exécutif "inclusif" promis. Le ministre de l'Intérieur est ainsi recherché par le FBI pour terrorisme.

Mohammad Hassan Akhund va prendre la tête du nouveau gouvernement afghan, a annoncé mardi soir le principal porte-parole des talibans plus de trois semaines après la prise de pouvoir par le mouvement islamiste. Figure moins connu du public, il n'en est pas moins l'un de ses membres éminents.

Il était déjà ministre (entre autres de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité) durant le règne taliban entre 1996 et 2001. Akhund est depuis 20 ans sur la liste de l'ONU des individus sanctionnés par le Conseil de sécurité.

Plus attendu au sein de cet exécutif, le cofondateur des talibans Abdul Ghani Baradar sera lui numéro deux (Première adjoint), a précisé Zabihullah Mujahid lors d'une conférence de presse à Kaboul. Baradar est le cofondateur, avec le mollah Omar, du mouvement taliban au début des années 90. Estimé par la plupart des factions, Barradar était, il y a encore quelques jours, pressenti pour prendre les rênes du pays.

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Capture d'écran du site du FBIScreenshot

Autre nomination qui annonce la couleur, celle de Sirajuddin Haqqani, chef du réseau du même nom, à l'Intérieur. Il est recherché par le FBI pour plusieurs attaques en Afghanistan, et notamment une contre un hôtel de Kaboul qui a fait six victimes dont un citoyen américain. L'agence fédérale offre une récompense de cinq millions de dollars en échange de renseignements menant à son arrestation.

Parmi les autres nominations annoncées mardi soir, celles du mollah Yaqoub, fils du mollah Omar, au poste de ministre de la Défense, et d'Amir Khan Muttaqi, négociateur taliban à Doha, à la tête du ministère des Affaires étrangères.

Le porte-parole a précisé qu'il s'agit d'un gouvernement non-définitif assurant que son mouvement, qui a promis un exécutif "inclusif", allait essayer de "prendre des gens d'autres régions du pays.", comprenez non-Pachtounes, l'ethnie majoritaire du pays.

Pour l'instant, les noms communiqués sont quasiment tous ceux de dignitaires talibans, parmi eux nombre sont des vétérans du djihad.

Sans surprise aucune femme, ni aucun membre de la communauté Hazara, n'y figure.

Dans la foulée, le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada, dont les interventions publiques sont très rares, a demandé au nouveau gouvernement de faire respecter la charia, dans son premier message depuis la prise de pouvoir des islamistes il y a plus de trois semaines.