DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

20 ans après, le 11 septembre fait toujours recette chez les complotistes

Access to the comments Discussion
Par Euronews avec AFP
Les décombres des tours jumelles, le 11 septembre 2001
Les décombres des tours jumelles, le 11 septembre 2001   -   Tous droits réservés  ALEXANDRE FUCHS/AFP or licensors
Taille du texte Aa Aa

20 ans après le 11 septembre, les récits complotistes concernant le 11 septembre continuent de circuler sur Internet et les réseaux sociaux. Leur diffusion connait même une nouvelle dynamique avec l’avènement de mouvements tel que Qanon aux Etats-Unis, dont les partisans sont persuadés de l’existence d’un Etat profond tout puissant et maléfique.

C’est le cas de Heather Bauer, jeune Américaine qui avait 14 ans en 2001. Elle est persuadée que ces attentats sont l'oeuvre des Etats-Unis et non d'Al-Qaïda.

"Je remets absolument tout en question, et je me demande ce qui est vrai dans tout ce qu'on nous raconte sur l'histoire," dit cette femme au foyer du Wisconsin, dans le nord des Etats-Unis, également convaincue que le Covid-19 n'existe pas.

Pendant des années, elle a cru à la version "officielle", jusqu'à ce qu'elle s'intéresse aux théories du complot développées par la mouvance QAnon. Elle pense désormais que les attaques ont été orchestrées pour justifier la guerre en Irak lancée en 2003.

Elle fait partie du mouvement dit pour la vérité sur le 11-Septembre, qui discute inlassablement sur les réseaux sociaux de "preuves" selon lesquelles les tours du World Trade Center se sont effondrées après une explosion contrôlée, et non parce que deux avions de ligne s'y sont fracassés.

Une des explications souvent avancées est que "le kérosène ne peut faire fondre les barres d'acier", et qu'il a fallu des explosifs pour faire tomber si verticalement les tours. Ces allégations, développées avec moult détails depuis vingt ans, ont été régulièrement réfutées par la presse et des documentaires.

Explosion d’internet

Plusieurs conférences sont organisées - avec du public - dans le cadre de l'anniversaire pour discuter du 11-Septembre, mais aussi des origines de la pandémie de coronavirus et des vaccins.

Ainsi la 17e édition du "Festival du film sur la vérité du 11-Septembre", à Oakland en Californie, a diffusé deux documentaires que des vérificateurs estiment truffé de fausses informations sur le virus.

"Il y a tellement de choses dont nous voulons parler, et nous n'avons que huit heures", se désole Carol Brouillet, organisatrice de l'événement et fondatrice de l'Alliance pour la vérité sur le 11-Septembre en Californie du Nord. La matière ne manque pas. L'un des invités, Ken Jenkins, a à lui seul produit des dizaines de DVD sur les attentats, selon la page internet du festival.

Les théories complotistes sur le 11 Septembre ont été les premières à bénéficier de l'explosion de l'internet et se sont répandues beaucoup plus vite que des thèses plus anciennes, comme celles sur l'assassinat du président Kennedy ou le pied de Neil Armstrong sur la Lune. "L’Amérique est un pays remarquablement complotiste", lance Garrett Graff, journaliste et auteur d'un livre sur le sujet..

De l'anthrax au Covid

Ces théories "sont nées au moment précis où des réseaux sociaux ou des médias en ligne comme YouTube ont permis aux gens de propager leurs idées de manière convaincante", dit-il.

La Commission des juristes pour une enquête sur le 11-Septembre organise ainsi une conférence en ligne pour le 20e anniversaire, qui parlera aussi du Covid-19.

L'événement est baptisé "de l'anthrax du 11-Septembre à la pandémie", en référence aux enveloppes contenant cette substance mortelle envoyées à des responsables politiques et des journalistes pendant quelques semaines en septembre 2001.

Pour Mick Harrison, organisateur, la lutte contre la version officielle des attentats est un devoir civique. "J'essaie d'améliorer ce pays en rendant le gouvernement plus démocratique, plus responsable et plus transparent", affirme-t-il

La décision du président Joe Biden de déclassifier certains documents de l'enquête sur les attentats, et la responsabilité éventuelle de l'Arabie saoudite, pourrait lever les doutes... ou relancer les théories du complot.