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Transports durables : en Autriche, le train a une longueur d'avance

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Par Johannes Pleschberger
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S'il reste beaucoup à faire pour créer un réseau ferroviaire uniformisé en Europe, la Commission européenne prend les devants avec son train Connecting Europe Express qui promeut le rail en tant que mode de transport durable. Il doit faire étape dans 26 pays dont la France et s'est déjà rendu en Autriche, l'État membre où la proportion de voyageurs en train est la plus élevée comparé aux transports routiers.

"Pour nous, Connecting Europe Express montre bien en cette Année européenne du rail que le transport ferroviaire a un avenir," indique Bernhard Rieder, représentant de la société des chemins de fer autrichiens ÖBB.

Des normes différentes d'un pays à l'autre

Mais les systèmes nationaux à travers l'Europe ont des normes techniques différentes. Ce qui représente un obstacle au trafic transfrontalier. "Chaque passage de frontière signifie de nouvelles règles et réglementations, des défis techniques : il faut que cela change !" estime Bernhard Rieder.

Environ un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne est causé par le transport. Pour les réduire et atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050, Bruxelles entend notamment tripler le trafic ferroviaire à grande vitesse.

L'engagement autrichien

Le réseau autrichien quant à lui est particulièrement développé en raison des investissements dans les infrastructures et de la fréquence des liaisons. "En ville, c'est plus agréable parce que le train est plus rapide," confie une jeune passagère dans un train à Vienne. "On n'est pas coincé dans les embouteillages et c'est aussi plus respectueux de l'environnement parce que si je prenais seule ma voiture, je générerai beaucoup plus de CO2," souligne-t-elle.

Depuis 2019, ÖBB utilise uniquement de l'électricité issue de sources renouvelables pour faire circuler ses trains grâce à huit centrales hydroélectriques et une centrale photovoltaïque.

"C'est la première centrale solaire au monde qui sert à alimenter des trains," précise Daniel Pinka, représentant d'ÖBB, en nous faisant visiter le site. "Grâce à 7000 panneaux, l'énergie solaire est transformée en électricité, elle est transférée au réseau ferroviaire directement," ajoute-t-il.

Des ONG dénoncent "les contradictions européennes"

Bien que le rail soit de loin, le mode de transport le plus financé par l'Union européenne, le train coûte souvent plus cher que l'avion pour un même trajet. Les ONG critiquent également le fait que ni TVA, ni taxe sur le kérosène ne soient encore prélevées sur le transport aérien international.

Christian Gratzer fait partie de l'ONG centrée sur la mobilité et les transports VCÖ. "D'un côté, on adopte des objectifs climatiques qui prévoient une réduction significative des gaz à effet de serre et de l'autre, on continue de développer le réseau routier, on subventionne le transport aérien et les aéroports régionaux : c'est en contradiction totale avec les objectifs climatiques, on doit mettre le paquet sur le rail," insiste-t-il.

De plus en plus d'États membres subventionnent ce secteur pour réduire le prix des voyages en train. La Slovaquie et la Hongrie, par exemple, accordent une gratuité de voyage pour les voyageurs aux faibles revenus comme les seniors. L'Autriche elle lance un pass annuel valable pour l'ensemble des transports publics du pays à seulement trois euros par jour.

Ce reportage s'inscrit dans le cadre de la "Mobility Week" sur euronews. Du 13 au 17 septembre 2021, nous explorons les nouvelles tendances dans les domaines des transports et de la mobilité individuelle. Découvrez d'autres articles ici.

Journaliste • Johannes Pleschberger