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Numérisation des services publics : l'Allemagne à la traîne

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Par Andrea BuringAnne Devineaux
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L'administration allemande fait figure de mauvais élève en Europe face à la révolution numérique, un autre enjeu de la campagne électorale

La numérisation des services publics tarde à se mettre en place dans l'administration allemande. Selon la loi, d'ici fin 2022, l'administration en ligne doit pourtant devenir une réalité.

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Fini la paperasse, les télécopieurs ou les numéros d'attente, l'heure est à l'administration en ligne. Mais en Allemagne, cette administration électronique est encore loin d'être une réalité. Le pays fait office de mauvais élève en Europe. Et dans la rue, les citoyens le confirment.

"Ma dernière visite dans un bureau, c'était pour un prêt étudiant et c'était l'enfer pour obtenir tous les papiers", témoigne cette jeune femme.

"Ils sont toujours si lents et inflexibles", estime cet autre.

"Bien sûr, ça pourrait être plus facile, mais essayez d'enseigner quelque chose aux fonctionnaires, bonne chance !", déclare cette autre.

Pourtant, d'ici 2022, tous les services proposés par les autorités allemandes devraient également être accessibles en ligne, selon une loi votée en 2017. La numérisation fait donc partie de la campagne électorale.

Problème structurel dans les administrations

"Tout le monde pense que la numérisation implique simplement d'acheter des logiciels. Mais le problème est structurel. Cela concerne la manière de penser, la culture dans les administrations. Aujourd'hui, nous avons une administration qui fonctionne selon des principes établis il y a 100 ans, et de manière extrêmement hiérarchique", explique Thomas Meuche du "centre de compétences en administration numérique" Hof.

Et une étude européenne lui donne raison : selon celle-ci, l'Allemagne ne se hisse qu'au 21ème rang en matière d'administration électronique. Outre les hiérarchies et les structures sclérosées, le fédéralisme est également préjudiciable, estime l'expert.

"Cela n'a pas de sens de n'avoir que des solutions individuelles, différente selon chaque administration, surtout lorsqu'il y a une autorité fédérale qui dispose de toutes les données, comme dans le cas de l'immatriculation des véhicules. On se demande alors pourquoi les communes ont également besoin de systèmes différents pour effectuer ces mêmes immatriculations", dit-il.

Un travail de titan

La numérisation - un travail de titan. Les communes seront confrontées à de nombreux obstacles jusqu'à sa mise en oeuvre prévue pour la fin 2022. Eric Leiderer est le maire de la ville d'Aschaffenburg.  "Dans notre travail quotidien, il y a souvent des problèmes parce que des questions de culture numérique n'ont pas été clarifiées, parce que certaines questions de protection des données n'ont pas été clarifiées, parce que dans certains cas nous ne pouvons pas acquérir du personnel qualifié et ainsi de suite. Ce sont simplement des choses qui nous ralentissent. (...) La numérisation nous coûtera beaucoup d'argent, mais elle nous apportera aussi beaucoup d'avantages et d'efficacité à long terme".

"Laboratoire numérique" à Aschaffenburg

Aschaffenburg s'y connaît en matière de numérisation. La ville a déjà remporté un prix pour un projet numérique. Et la municipalité ne veut ne laisser personne de côté confirme l'édile.

"Nous devons prendre en compte les idées des citoyens. Et c'est pourquoi nous avons un laboratoire numérique dans le centre-ville d'Aschaffenburg. Et les citoyens l'utilisent très activement, ils viennent ici et nous demandent : Qu'est-ce que vous préparez ? Quelle est la prochaine étape ?", raconte-t-il.

L'administration électronique - un défi qui va occuper le nouveau gouvernement fédéral probablement bien bien au-delà de 2022.

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