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Entretien avec une journaliste afghane, réfugiée en France après la prise de contrôle des talibans

Intervew d'Atéfé, journaliste afghane réfugiée en France
Intervew d'Atéfé, journaliste afghane réfugiée en France Tous droits réservés Euronews
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Par Omid LahabiEuronews
Publié le Mis à jour
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Notre équipe s'est entretenue avec une journaliste #afghane réfugiée en France. Elle raconte son parcours pour quitter le pays, contrôlé par les #talibans.

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C'est sous couvert d'anonymat qu'Atéfé (nom d'emprunt) a accepté de livrer son témoignage à Euronews. Cette journaliste afghane de 26 ans est réfugiée à Clermont-Ferrand depuis une quinzaine de jours, après avoir fui son pays.

Voile sur la tête et lunettes de soleil sur le nez, la jeune femme a accepté de décrire son parcours, jusqu'à l'aéroport de Kaboul. Face à notre caméra, Atéfé a également décidé de garder son masque chirurgical pour éviter les représailles que pourrait subir sa famille, restée en Afghanistan.

Les tyrans

Elle n'avait que six ans, lorsque les États-Unis ont lancé la guerre pour "libérer" le pays des talibans. Vingt ans plus tard, ce sont ces mêmes "tyrans", comme elle les appelle, qui la poussent à fuir.

La jeune femme est parvenue à quitter le pays un jour avant les attentats meurtriers de l'aéroport de Kaboul, revendiqués par l'organisation État islamique.

Contactés par l'ambassade de France, "nous sommes montés dans un bus et on nous avait dit d'aller voir les militaires français à l'aéroport" raconte-t-elle. "Mais ce fut un vrai périple pour y accéder" se remémore-t-elle.

"L’aéroport avait été entouré par les talibans. On a finalement réussi à y entrer par la porte arrière, il y avait moins de talibans là-bas" explique-t-elle. Puis, "trois jours d'attente ont été nécessaires dans l'aéroport avant de pouvoir s'entretenir avec un officier français et lui présenter les documents" dit-elle.

Quand l’avion a finalement décollé la jeune femme dit avoir été traversée par des sentiments contradictoires. "J’étais contente, j’étais finalement en sécurité" mais "je pensais à ma famille, à mes amis".

"Pourquoi dois-je quitter mon pays, quitter ma ville, mon entourage ? Tout le monde aime son pays, là où on a reçu son éducation, là où on est né, là où on a été élevé" déplore-t-elle.

Un avenir obscur

Avant l'arrivée des talibans, Kaboul était déjà une ville instable, avec "des explosions quotidiennes" indique-t-elle.

"Quand je sortais de la maison, ma mère m’appelait plusieurs fois" pour prendre des nouvelles. "Même avant les talibans il était difficile pour une femme de travailler ou de se manifester librement dans la société" souligne-t-elle.

Cependant l’avenir de l’Afghanistan est, plus que jamais, « sombre » selon Atéfé. La jeune femme, qui fait partie d'un groupe de cinquante afghans accueillis par l'association CeCler, est parvenue à rejoindre son mari, réfugié en France depuis quatre ans.

Sur place, l'arrivée de ces réfugiés a suscité un élan de solidarité chez les Français qui envoient de nombreux messages à l'association pour apporter leur aide, comme le constate la directrice générale de CeCler, Dominique Charmeil.

"Il y a une forte mobilisation parce que ce qui se passe a touché les Français, la société civile" constate-t-elle.

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