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Les héritiers de Georges Brassens en Europe, "des copains d'abord"

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Par Olivier Peguy
Paco Ibanez (en haut à g.), Franz-Josef Degenhardt (en bas à g.), Georges Brassens (centre) et Graeme Allwright (à d.)
Paco Ibanez (en haut à g.), Franz-Josef Degenhardt (en bas à g.), Georges Brassens (centre) et Graeme Allwright (à d.)   -   Tous droits réservés  ABDELHAK SENNA/AFP, AP Photo/Edwin Reichert, Dominique FAGET/AFP

Le chanteur-compositeur français Georges Brassens aurait 100 ans ce vendredi. Né le 22 octobre 1921 à Sète, il est mort en 29 octobre 1981. Son influence reste forte en France, mais aussi à l'étranger. En témoignent les très nombreuses reprises de ses chansons en italien, espagnol, allemand, anglais et même russe !

  • Brassens en italien

Georges Brassens a des racines italiennes. Ses grands-parents maternels étaient originaires du sud de l'Italie, installés dans le sud de la France à la fin du XIXème siècle. Georges Brassens, s'il n'a visiblement jamais parlé couramment l'italien, baigne quotidiennement dans une famille et un milieu italiens dans lequel les dialectes venus de la péninsule se mélangent à l'occitan local et dans lequel la chanson dite "napolitaine", c'est-à-dire du sud de l'Italie, est omniprésente.

Il chantera lui-même un des classiques de la chanson populaire italienne, "Santa Lucia", avec Tino Rossi en 1977. Il donnera des concerts en Italie et aura de nombreux amis d'origine italienne, comme Lino Ventura.

Sa poésie, son anti-conformisme a inspiré (et inspire encore) plusieurs chanteurs italiens. Les adaptations de ses chansons sont nombreuses. On retiendra celles de Fabrizio De Andrè (1940-1999), auteur-compositeur-interprète très populaire en Italie.

En 1974, il interprète "Morire per delle idee" ("Mourir pour des idées")

  • Brassens en allemand

La relation de Brassens avec l'Allemagne débute durant la Seconde Guerre mondiale. Soumis au Service du travail obligatoire (STO), le jeune Georges est envoyé en 1943 au camp de travailleurs de Basdorf, près de Berlin. Il reviendra en France l'année suivante.

Bien plus tard, en 2003, la municipalité de Basdorf donnera à une de ses places le nom de Georges Brassens. Un festival de musique "Chanson-Festival Brassens" y est organisé chaque année.

L'héritage de l'artiste français se retrouve aussi et surtout chez quelques chanteurs engagés. René Iskin, qui a noué une amitié forte avec Brassens à Basdorf en 1943. En 2003, il sortira un album "Retour à Basdorf" contenant des chansons écrites 60 ans plus tôt.

Parmi les héritiers germanophones de Brassens, on citera aussi Franz-Josef Degenhardt (1931-2011). Auteur-compositeur, militant de gauche, chanteur engagé, il est parfois appelé "le Brassens allemand".

En 1986, il sort un album de reprises de chansons de Brassens, "Junge Paare auf Bänken". Avec un clin d’œil au maître : Au Père Eternel (Für Georges Brassens)

  • Brassens en anglais

Georges Brassens s'est produit sur une scène britannique. C'était le 28 octobre 1973 à Cardiff (pays de Galles). Un gala qui donnera lieu à un enregistrement, le seul album "live" édité de son vivant.

Les chansons de Brassens ont été reprises en anglais par plusieurs artistes. Le plus connu est sans doute le franco-néo-zélandais Graeme Allwright. Il inscrit son répertoire dans le pas des chanteurs engagés des années 50 et 60. C'est lui qui adaptera en français des titres de Leonard Cohen. C'est aussi lui qui exporte certaines chansons de Brassens dans la langue de Shakespeare.

En 1985, il sort un album simplement appelé "Graeme Allwright Sings Brassens". Il y interprète la célèbre chanson "Les copains d'abord", devenue "Buddies First Of All".

  • Brassens en espagnol

Dans les années 50 et 60, Brassens multiplie les chansons, libertaires et irrévérencieuses. Une verve qui trouve un écho de l'autre côté des Pyrénées. L'Espagne est dirigé par le dictateur Franco. Mais dans les cercles artistiques et intellectuels espagnols, on se reconnait dans l'esprit frondeur de Georges Brassens.

Parmi ses héritiers spirituels, il y a Joaquín Carbonell Martí (1947-2020), auteur-compositeur-interprète, poète et journaliste.

Il y a aussi Paco Ibáñez. Né en 1934, d'un père sympathisant anarchiste et d'une mère d'origine basque, Paco Ibáñez s'installe en France dans les années 50. Il a mis en musique et chanté les grands poètes espagnols et latino-américains (Federico Garcia Lorca, Pablo Neruda, Antonio Machado) et a traduit et interprété les chansons de Brassens.

En 1979, il fait paraître un album appelé "Paco Ibáñez canta Brassens" ("Paco Ibáñez chante Brassens"). Parmi les titres, on retiendra "La mala reputación" ("La mauvaise réputation").

  • Brassens en russe

Par ses chansons, Georges Brassens use de la liberté d'expression, bousculant l'ordre établi, maniant idées anarchistes et poésie. Dans les années d'après-Guerre, en pleine Guerre Froide, les mots de Brassens trouvent un écho particulier dans les pays de l'est, alors sous le joug de régimes communistes.

Un homme joue un rôle important dans la diffusion des titres de Brassens en Russie, c'est Alexandre Avanessov (1955-2017). Francophone et francophile, il a traduit et enregistré en russe plusieurs dizaines de chansons de Georges Brassens, et créa en 2003 le Chœur Georges Brassens de Moscou.

On retiendra cette version russe de la "Chanson pour l'Auvergnat", "Песня для Овернца"

Pour aller plus loin

Euronews vous recommande la série d'articles intitulée "Brassens en Europe", aussi complète qu'intéressante.

On y découvre les versions de titres de Georges Brassens en portugais, en arménien, en tchèque...