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COP26 : quel bilan tirer de la conférence sur le climat de Glasgow ?

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Par Stefan Grobe  & Euronews
COP26 : quel bilan tirer de la conférence sur le climat de Glasgow ?
Tous droits réservés  Alberto Pezzali/AP

Les militants pour la cause climatique du monde entier espéraient que la COP26 déboucherait sur des mesures concrètes. La conférence, qui s'est déroulée à Glasgow, est terminée. Mais, le gros du travail débute maintenant sur le plan politique. Il reste à savoir ce qui sera réellement appliqué ou non...

Les dirigeants mondiaux ont déjà envoyé des signaux contradictoires. Le président américain Joe Biden, qui, à Glasgow, a promis des mesures climatiques et non des paroles en l'air, fait pression sur l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour qu'elle augmente sa production de combustibles fossiles. De son côté, le président Français Emmanuel Macron a annoncé la construction de nouvelles centrales nucléaires, une mesure très controversée.

Certains activistes climatiques ont déjà dénoncé la conférence pour le climat comme étant du "bla-bla", mais les politiciens écologistes européens voient les choses différemment. Pour tirer le bilan de la Cop26, Euronews a interrogé Ska Keller, la coprésidente des Verts au Parlement européen.

Euronews :

Commençons par la COP26. Êtes-vous satisfaits des résultats ?

Ska Keller :

J'aurais certainement aimé que les résultats soient plus ambitieux. Certes, nous constatons des avancées dans la bonne direction - un accord pour mettre fin à la déforestation est une bonne chose par exemple. Cependant, si vous regardez le calendrier et les ambitions qui se dessinent derrière, ce n'est pas suffisant. Cela vaut également pour les objectifs climatiques globaux. Nous faisons face à une véritable crise... Et les résultats de la COP26, ce n'est tout simplement pas suffisant.

Euronews :

La conférence a été boycottée par la Chine et la Russie, deux des principaux acteurs mondiaux, et il n'est pas certain que Joe Biden ait suffisamment de soutien du Congrès pour appliquer ses politiques climatiques ambitieuses. Cette situation ne renforce-t-elle pas les arguments de ceux qui affirment que la COP26 n'était qu'un simulacre et du "bla-bla" ?

Ska Keller :

Ces conférences sur le climat sont très importantes. Nous avons vu par le passé qu'elles peuvent conduire à de grands succès, comme l'accord de Paris. En revanche, il est important de ne pas se contenter de faire de beaux discours. Il faut aussi joindre l'action à la parole et montrer, en tant que pays, en tant qu'États membres, que vous respectez vos engagements. Les états sont d'accord sur les objectifs à atteindre. Alors, qu'êtes-vous personnellement prêt à faire en tant que pays et en tant que gouvernement ? Ici, ce qui manque, c'est la volonté politique de réaliser quelque chose.

Euronews :

Sous cet angle, l'Union européenne est-elle en train de devenir le leader mondial en matière de politique climatique ? Est-elle à la hauteur ?

Ska Keller :

Certes, nous constatons de bonnes avancées. Nous avons le paquet "Ajustement à l'objectif 55", nous avons une loi sur le climat... Ce sont de bonnes choses. Mais ici aussi, je ressens un manque d'ambition. L'Union européenne doit donc en faire plus. Mais cela signifie que les États membres doivent s'engager davantage pour que l'Europe dans son ensemble puisse jouer un rôle de premier plan.

Euronews :

L'Allemagne aura bientôt une nouvelle coalition gouvernementale, avec la participation des Verts. Quel impact pouvons-nous attendre de Berlin au niveau européen ?

Ska Keller :

Ce n'est pas seulement notre responsabilité en tant qu'écologistes de faire pression pour la protection du climat. La responsabilité est commune. Je pense que chaque nouveau gouvernement doit être conscient de cette responsabilité et montrer dans ses engagements, dans ses actions, qu'il est vraiment engagé dans la protection du climat.