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Le Bélarus assure vouloir rapatrier des exilés mais l'UE reste dubitative

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Par Euronews  avec AFP
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Le Bélarus assure vouloir rapatrier des exilés mais l'UE reste dubitative
Tous droits réservés  Oksana Manchuk/BelTA

Le Bélarus a affirmé lundi vouloir faire rentrer "chez eux" les migrants campant à la frontière avec la Pologne, des assurances laissant dubitative l'UE, qui veut sanctionner Minsk qu'elle accuse d'avoir organisé cette crise migratoire.

Deux à trois mille personnes souvent originaires du Kurdistan irakien, dont de nombreux enfants, se préparaient lundi à passer une nouvelle nuit dehors par des températures négatives.

Des dizaines, voire des centaines d'entre eux, ont notamment rejoint lundi le poste frontière de Brouzgui au Bélarus, face à la ville polonaise de Kuznica. Des images diffusées par les médias bélarusses les montrent autour de feux de camp, s'allongeant dans des sacs de couchage à l'ombre de barbelés ou faisant face aux forces polonaises casquées et masquées qui gardent la zone frontalière.

Le ministère polonais de la Défense a accusé les forces bélarusses d'avoir "acheminé" ces exilés, alors que Varsovie craint que les migrants forcent le passage.

La partie bélarusse a balayé ces accusations, assurant que ses gardes-frontières étaient là pour "assurer la sécurité".

De nouvelles sanctions dans les jours qui viennent

L'Union européenne va adopter "dans les prochains jours" de nouvelles sanctions contre des personnes et organisations contribuant à l'afflux de milliers de migrants à la frontière polonaise, a annoncé lundi le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell.

"Nous nous sommes mis d'accord sur l'adoption d'un nouveau train de sanctions (...). Il sera finalisé dans les prochains jours", a déclaré M. Borrell, à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept à Bruxelles. Ces sanctions toucheront "un nombre important de personnes" et d'entités, a-t-il affirmé, sans préciser leur nombre ni leur identité.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a de nouveau nié toute responsabilité et a cette fois-ci même assuré vouloir le retour des migrants "chez eux".

"Nous sommes prêts (...) à les mettre tous dans des avions qui les ramènent à la maison", a-t-il dit, selon l'agence d'Etat Belta, "un travail actif est en cours pour convaincre ces gens".

Mais, a-t-il dit, "ils ne veulent pas rentrer. Il est clair qu'ils n'ont plus où rentrer, plus de domicile, et n'ont rien pour y nourrir leurs enfants".

Les Européens accusent Minsk d'avoir organisé depuis l'été des mouvements migratoires depuis le Moyen-Orient vers les frontières polonaise et lituanienne pour se venger de sanctions occidentales.

"Nous n'avons jamais fait ça et nous n'avons pas l'intention de le faire", a nié lundi M. Loukachenko, disant être prêt à se "défendre" en cas de mesures de rétorsion européennes.

Rapatriements ?

Il s'était précédemment dit prêt à couper le transit du gaz russe vers l'Europe, mais Moscou, suzerain de Minsk, avait rapidement minimisé la portée de la menace. Le président Vladimir Poutine avait cependant estimé que les Européens se devaient de renouer le dialogue avec les Bélarusses.

La Russie a également rejeté les accusations de Varsovie, qui considère Moscou comme le véritable commanditaire de la crise migratoire, sur fond de tensions russo-occidentales.

Lundi, le Kremlin a encore jugé "erroné" d'imputer à Minsk la responsabilité de la crise et regretté que l'UE "fasse abstraction des idéaux européens d'humanisme" en ne portant pas secours aux migrants bloqués dehors dans le froid.

Varsovie refuse de laisser passer ces milliers de personnes, alors que l'Union européenne a connu une crise de l'accueil des exilés à partir de 2015 suite à l'arrivée de centaines de milliers de malheureux fuyant les guerres et la misère au Moyen-Orient ou en Afghanistan.

Si certains groupes ont franchi les barbelés ces derniers jours, ils ont souvent été interpellés et renvoyés au Bélarus.

En parallèle, la compagnie aérienne bélarusse Belavia a annoncé que Syriens, Irakiens, Afghans et Yéménites étaient désormais interdits de vol depuis Dubaï vers le Bélarus, sur "décision des autorités compétentes des Emirats arabes unis". La Turquie a imposé les mêmes restrictions la semaine passée.

Enfin, le gouvernement irakien a annoncé l'organisation jeudi d'un premier vol de rapatriement de migrants irakiens "sur la base du volontariat".